MEDEF, économie et entreprise : rions un peu
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L'actualité du MEDEF, de l'économie, de l'entreprise avec humour. Avec Parisot, Gautier-Sauvagnac, Sarkozy, les grands patrons... |
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16 janvier 2007
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Le MEDEF lave plus blanc L'attente devenait insoutenable : Le MEDEF va enfin rendre public son "Livre blanc", à l'occasion de son assemblée générale, le 25 janvier à Paris-Bercy. Un show qui ravalera celui de Sarkozy pour son intronisation à une fête de village. Les heureux participants recevront, gratuitement s'il vous plaît (ha ? bon ! Ils ne le vendent pas ? Personne, estime le MEDEF, ne serait prêt à payer pour se procurer l'oracle du XXIe siècle ?) un "exemplaire personnel du Livre Blanc que vous pourrez, si vous le souhaitez, faire dédicacer par Laurence Parisot" Ce qui a tout de même plus de gueule qu'une set-list des Rolling Stonnes dédicacée par Mick Jagger Bien sûr, la partition du MEDEF est connue, et la partie jouée : le texte recommandera moins de charges sociales pour les entreprises, plus de déréglementation, plus de "souplesse" du code du Travail, plus de facilités pour licencier. L'objectif est clair : "Peser ensemble dans le débat électoral, pour défendre nos valeurs, pour un véritable projet de société", comme l'a résumé le 15 janvier Quoi de neuf ?, la lettre hebdomadaire du Medef. Laurence Parisot n'avait pas caché, dès son élection à la tête de l'organisation patronale, son intention de faire intervenir celui-ci dans le débat politique, d'en faire un lobby pesant sur les orientations du pays. L'approche de l'élection présidentielle est l'occasion rêvée. Après avoir donné sa propre estimation des coûts des programmes de Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, le patronat va dresser une liste de conseils ou d'exigences (forcément nés du "bon sens", du "terrain", du "réalisme" des chefs d'entreprises), les confronter aux propositions des candidats, pousser ceux-ci à se positionner, et les médias à interroger les candidats sur ce qu'ils pensent du "Livre blanc". Pour cela, quoi de mieux qu'occuper le terrain médiatique, avec un show des chefs d'entreprises ? A la différence de son prédécesseur Ernest-Antoine Seillière, Laurence Parisot a d'ailleurs compris qu'il était plus efficace d'exiger toujours plus sans s'acoquiner ouvertement avec un parti ou une figure politique. Aussi flingue-t-elle Ségolène Royal et le Parti socialiste aussi souvent que possible mais n'épargne pas ses piques à l'UMP et à Nicolas Sarkozy. Ainsi quand ce dernier, en plein virage "social" pour présenter un profil moins libéral, suggère de supprimer les allègements de charge pour les entreprises dont les profits sont à la hausse et qui n'augmentent pas les salaires, la patronne des patrons explique : mettre les allègements de charges "sous conditions, là de résultats, là d’augmentations de salaires, là sous conditions d’embauches, c’est ne pas comprendre le fonctionnement d’une entreprise. C’est ne pas comprendre la vitesse de décision dont l’entreprise doit faire preuve à tout moment" (point presse de Laurence Parisot, 19 décembre 2006) ; ou à propos du terme de "patrons voyous" venue à Sarkozy à propos de certains délocalisations : "Utiliser cette expression (...) ça relève vraiment d'un simplisme et d'une démagogie", estime Laurence Parisot, qui voudrait "plus de pédagogie et moins de démagogie" dans la campagne présidentielle (Laurence Parisot appelle à "moins de démagogie" dans la campagne - Reuters - 8/01/2207).
Nulle doute que le Livre blanc
sera pédagogique et pas du tout démagogique lui. Et pour vous en
convaincre, si vous n'allez pas au MEDEF, le MEDEF ira à vous. Rendez-vous
dans tous les médias le 25 janvier. Charges sociales : un milliard en moins pour les entreprises "Le bureau de l'Unédic a entériné le 11 janvier une baisse des cotisations salariales et patronales (0,04 % pour les salariés et 0,04 % pour les entreprises), conformément aux dispositions de l'accord de décembre 2005 en cas de retour à l'équilibre du régime en 2006. Ce sont environ 160 millions d'euros de moins à payer par les entreprises qui s'ajoutent aux 800 millions déjà obtenus par les deux baisses successives de 0,10 % des cotisations AGS en janvier et juillet derniers", rapporte le Quoi de neuf ? du 15 janvier. Au final, oublie de préciser le Medef, ce sont bien les salariés qui trinquent. En effet, la double augmentation de 0,04% des cotisations s'était accompagnée d'une diminution des droits des chômeurs. En l'effaçant, on revient donc à la situation antérieure en ce qui concerne les prélèvements, sans améliorer les comptes de l'Unedic... mais sans revenir sur l'amputation des droits, rappel L'Humanité (Trompe-l’oeil à l’Unedic, 12 janvier). Au total, ce seront donc uniquement les chômeurs qui paieront. Hervé Quinsac
A LIRE EGALEMENT Durée du travail Depuis le 3 janvier, "la durée du travail n'est plus contrôlable en France" Le ministère du Travail prévoit que le temps de travail serait calculé a priori et non plus a posteriori ! - Actuchômage - 3/01/2007 Durée du travail : apparences et réalités France et autres pays - Où l'on apprend que le temps de travail en France est plutôt élevé - Travail-Chômage - 2006
Rémunérations des patrons Le Medef ne veut pas de loi : "Laurence Parisot estime qu’«on ne peut appliquer la morale à une grille de salaire»" - L'Humanité - 10/01/2007 Une charte des gros salaires pavée de bonnes intentions : "Le Medef souhaite des rémunérations «mesurées» et «équitables»" Libération - 10/01/2007 Le Medef pour l'autorégulation de la rémunération des patrons - Reuters/Boursorama - 9/01/2007 Recommandations sur les rémunérations des dirigeants - Site du Medef - 10/01/2007
Flexibilité et pénibilité du travail La fable de la flexibilité, par Michel Husson : "L’économie dominante a réussi à élever au rang de loi économique cette idée selon laquelle la flexibilitéserait le meilleur moyen de créer des emplois et de faire reculer le chômage. Cette assertion, qui est tout simplement fausse, s’inscrit dans un long processus de validation des recommandations néo-libérales qui implique une régression de la réflexion économique." Le Grand Soir - 6/01/2007 Parisot et l'exemple chinois - L'Humanité, 9/01/2007 ''En France, il y a une usure progressive des salariés" : selon Philippe Askénazy, économiste et chargé de recherches au CNRS, les accidents du travail feraient 600 à 700 morts par an en France et 50000 handicapés. Le Figaro - 16/01/2007
"L'augmentation des prélèvements depuis 2002 a pesé sur les classes
moyennes et modestes", interview de Vincent Drezet, secrétaire général
du Syndicat national unifié des impôts - Le Monde - 15/01/2007 Le salarié au sifflet - Le Monolecte - 16/01/2007 La liberté de gagner plus n'existe pas - Diner's Room - 16/01/2007
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