MEDEF : rions un peu

 

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MEDEF, économie et entreprise : rions un peu - L'information économique avec humour

L'actualité du MEDEF, de l'économie, de l'entreprise avec humour. Avec Parisot, Gautier-Sauvagnac, Sarkozy, les grands patrons...

 

juillet-août 2006

 

Aides aux entreprises : la bouteille à l'encre ou la cruche à l'eau ?

Coût "très élevé", "dispositif incontrôlé", "efficacité quantitative incertaine"... Cette volée de bois vert est destinée aux 20 milliards d'euros dépensés par an en exonérations de charges sociales patronales et dont on ne sait qu'une chose : au pire, ils n'ont aucun "effet négatif sur l'emploi". C'est ce qui ressort d'un rapport de la Cour des comptes, révélé par le quotidien économique Les Echos.

La Cour liste 46 mesures différentes depuis 1993, destinées à lutter contre le chômage. La facture est ainsi passée de 3 à 20 milliards d'euros en 2005 (et sans doute plus de 23 milliards en 2006 !) et représente plus du quart des sommes investies dans l'aide à l'emploi. De l'aveu même du président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, l'UMP Gilles Carez, pourtant peu suspect de dérives gauchisantes, "Personne ne peut dire aujourd'hui l'efficacité réelle de ces baisses de charges."

En revanche, il y a une personne qui sait ce qu'il faudrait faire en la matière : Laurence Parisot, qui réclame "toujours plus" d'allègements fiscaux. Et qui n'hésite pas à demander, en parallèle, que les charges patronales soient transférées sur les salariés, pour qu'ils se rendent compte de leur poids. Il fallait oser... mais un responsable du MEDEF ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît.

Sources : "Une question à 20 milliards pour le Cour des comptes", Le Canard Enchaîné, 30/08

"Les exonérations de charges patronales critiquées", NouvelObs-AFP, 30/08

"La Cour des comptes fustige les exonérations de charges sociales", L'Expansion, 31/08

"La Cour des comptes critique la politique d'exonérations de charges patronales", AFP-Boursorama, 28/08

 

CAC 40 vs PME

La vision de la conjoncture économique varie énormément si vous êtes PME ou multinationale. Citant une analyse de Natexis-Banque Populaire, Le Canard Enchaîné du 30 août souligne que les entreprises du CAC 40 ont vu leur résultat s'améliorer de 30% en 2005 par rapport à 2004, et de 36% en 2004 par rapport à 2003. Chez les PME, en revanche, le résultat brut d'exploitation n'a gagné que 2,2% en 2004 et 0,3% en 2005.

Moralité, il ne suffit pas de répéter que les PME constituent un gisement d'emplois, il faudrait peut-être aussi se pencher sur leur cas, plutôt que d'offrir des cadeaux fiscaux aux plus grosses entreprises.

Quant aux salaires, rien de très réjouissant. Le Smic a gagné 3,5% sur 2004 et 2005 en euros constants "mais le salaire moyen n'a pas grimpé", constate Le Canard. Explication : les hauts salaires poursuivent leur envolée tandis que les salaires des classes moyennes sont scotchés.

 

Un modèle économique qui déraille

Le modèle socio-économique français est dépassé, il faut prendre exemple sur les anglo-saxons, libéraliser, flexibiliser. S'il est certain que le moteur social de la France connaît de gros ratés, celui des Etats-Unis est en train de passer à travers le capot.

"Près de 47 millions d'Américains, dont de nombreux salariés, sont dépourvus d'assurance-maladie", sur-titre Le Monde du 1er septembre, pour un article intitulé "Les inégalités s'accroissent aux Etats-Unis".

La suite aligne des chiffres qui, au-delà du traditionnel débat sur les déficits américains, donnent une idée du coût réel du fonctionnement de son économie : près de 40 millions d'Américains n'ont pas de quoi vivre décemment, selon un rapport du US census bureau publié le 28 août. Malgré la croissance, les disparités s'accroissent. Les Américains ont été contraints de travailler plus en 2005 qu'en 2004 pour gagner autant. Mais les salaires les plus élevés poursuivent, eux, leur envolée.

En cinq ans, le PIB a fait un bond de 12,5%, la productivité de 16,6%. Dans le même temps, le taux de pauvreté est passé de 11,3% à 12,6%. Bigre, voilà un modèle qui donne effectivement envie.

 

Parisot, la réalité est ailleurs

Tout s'explique. Et c'est à l'hebdomadaire Le Point qu'on le doit : dans son édition du 24 août, un portrait de la présidente du MEDEF, titré "Le style dada", nous apprend que Laurence Parisot est très portée sur les artistes surréalistes. On ne s'étonnera plus qu'elle veuille intitulé l'université d'été patronale "Concilier l'inconciliable" ou qu'elle ose les néologismes les plus improbables, comme le "détabouage" ou le "diversel". Le surréalisme à la tête du patronat, c'est aussi cela, l'exception culturelle française.

 

Le chômage baisse, la précarité augmente

Gloria ! Le chômage est repassé sous les 9% à la fin du mois de juillet. A part Jean-Louis Borloo, personne ne pense une seconde qu'il s'agit là d'une conséquence de la politique du gouvernement. La démographie est la principale raison de ce renversement (avec les départs anticipés à la retraite, les radiations de l'ANPE et le retour des contrats aidés).

"On a besoin de beaucoup moins de créations d'emplois qu'en 2000 pour faire reculer le chômage, analyse Eric Heyer, de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), dans Le Monde du 1er septembre. Celui-ci baisse fortement aujourd'hui avec quelque 200.000 emplois créés et 2% de croissance alors qu'à l'époque, on avait 4% de croissance et 500.000 nouveaux emplois l'an." Bref, le gouvernement Villepin parvient à faire aussi bien avec des résultats économiques nettement moins bons. Tout le reste n'est que médiatisation...

Eric Heyer souligne aussi une nouvelle tendance de fond. En 2000, les contrats à durée déterminée (CDD) représentaient 35% des emplois proposés. En 2006, ce taux grimpe à... 78% ! Et encore : la moitié de ces CDD sont conclus pour une durée inférieure à un mois.

Pas sûr que ce genre de "recul du chômage" fasse baisser la pauvreté ou les inégalités.

Lire aussi : Chômage : une baisse en trompe l'oeil

 

Laurence Parisot : la mondialisation heureuse

"Les Français ont compris que barrer la route à la mondialisation est impossible", se réjouit Laurence Parisot, présidente du MEDEF, dans une interview au quotidien économique Les Echos du 28 août. Outre qu'il faudrait en premier lieu se mettre d'accord sur la nature de ce que l'on appelle "mondialisation", ce constat vient contredire de façon flagrante la thématique de l'université d'été du Medef, qui s'ouvre au même moment sur le campus de HEC, à Jouy-en-Josas : "Concilier l'inconciliable". Autrement dit, rien ne serait impossible... même pas barrer la route à la mondialisation.

A noter que Laurence Parisot n'a pas perdu son habitude de décliner ce que pensent "les Français", avec un aplomb d'enfer et qui ne fait que refléter les thèmes de la communication du MEDEF. Ainsi, dans la même interview, la patronne des patrons assure que les Français "sentent confusément que le pays peut basculer dans le meilleur comme dans le pire" ou "qu'ils ont maintenant pris conscience du problème de l'endettement public". Parisot n'est pas le boss de l'institut de sondage Ifop pour rien !

Au passage, revenant sur sa chère notion de "séparabilité", elle plaide une nouvelle fois pour des procédures de licenciement "simplifiées et pacifiées", sous prétexte que le droit français impliquerait systématiquement un recours à la "faute" pour se séparer d'un salarié (à croire que Parisot n'a pas mis les pieds depuis très longtemps dans une entreprise pour oser affirmer cela).

Elle réclame aussi l'extension du contrat nouvelle embauche (CNE), pour le moment réservé aux entreprises de moins de 20 salariés, à celles jusqu'à 50 salariés. Ou comment grignoter petit à petit le droit du travail : officiellement, la présidente du MEDEF ne veut pas du contrat de travail unique... mais elle promeut la généralisation du CNE (après 20, 50, après 50, 100, etc.) par la bande. Il ne faudrait tout de même pas prendre les lecteurs des Echos pour de parfaits imbéciles.

 

Election présidentielle 2007 : le MEDEF en piste

"Le Medef restera neutre pendant la campagne (présidentielle de 2007) mais il sera très présent pour aider les électeurs à décrypter les programmes", assure Laurence Parisot dans son interview aux Echos du 28 août, prenant garde de ne pencher ni pour Nicolas Sarkozy, ni pour Ségolène Royal.

On peut cependant se douter que ce décryptage sera plutôt du côté du libéralisme sauce UMP que du socialisme, même tiède, du PS. A preuve, la présidente du MEDEF a jugé que le projet du Parti socialiste serait "ruineux".

Invité de l'université d'été du Medef, Jose Manuel Barroso, président de la Commission européenne (quels hurlements scandalisés n'entendrait-on pas s'il s'avisait de monter à la tribune d'un congrès de la CGT...) est "un ami avec qui nous partageons les mêmes convictions", estime Laurence Parisot. Un ami qui se charge, à sa manière et sans prononcer de nom, d'indiquer pour quoi voter en 2007 : appelant à "gagner la bataille de la mondialisation" (à laquelle il est illusoire de vouloir "barrer la route", voir plus haut...), Jose Manuel Barroso fait la promotion de la "flexisécurité" (on ne dira jamais assez les ravages du libéralisme sur le vocabulaire) et vante "le travail temporaire, les contrats à durée déterminée" qui "permettent aux entreprises de s'adapter aux oscillations de la demande et de rester compétitives."

Pas moins de trois ministres ont également répondu à l'invitation du MEDEF : Thierry Breton (économie), Jean-François Copé (budget) et Christine Lagarde (commerce extérieur). De nombreux politiciens sont aussi attendus, comme François Bayrou ou Dominique Strauss-Khan, mais c'est Nicolas Sarkozy (le candidat, pas le ministre, nuance) qui sera chargé de clôturer les débats de l'université d'été... En toute neutralité de la part du MEDEF, bien entendu.

Le MEDEF annonce, par ailleurs, la publication d'un "livre blanc" sur ses analyses et ses proposition, pour novembre.

Il a également lancé un sous-marin sur Internet, via l'Institut de l'entreprise (un cercle de réflexion "filiale" du MEDEF), nommé debat2007.fr, qui prétend "créer un lieu de débats et d'échanges ouvert à tous, autour des questions économiques et sociales qui seront au cœur du débat de l'élection présidentielle 2007". Un lieu tout entier livré aux points de vue favorables au libéralisme effréné, et totalement dénué de débat. C'est aussi cela, "concilier l'inconciliable"...

Sources :"Le Medef exhorte les candidats à la présidentielle à ne pas céder à la démagogie", Le Monde, 29/08

"Laurence Parisot : Les Français ont compris que barrer la route à la mondialisation est impossible", Les Echos, 28/08

Université d'été du Medef : entrée en force des responsables politiques, Journal du Net, 30/08

En université d'été, le Medef aussi prépare la présidentielle, Reuters-Yahoo, 29/08

L'Europe et la présidentielle invités vedettes de la 8e université d'été du MEDEF, AP-NouvelObs, 29/08

Invité du Medef, Barroso fait le portrait robot du président français, AFP-France Info, 30/08

Revue de presse sur l'université d'été du Medef, NouvelObs, 30/08
 

Banques : un record chasse l'autre

Evoquer les résultats des groupes de "bancassurance" devient d'une monotonie affligeante : profits exceptionnels, stock-options record... On a beau épuiser le dictionnaire des synonymes, rien n'y fait, le sentiment de déjà-vu persiste. Aussi alignerons-nous ces chiffres sans autre forme de procès :

- un résultat net en hausse de 30% pour BNP-Paribas au 30 juin 2006 ;

- la Société Générale affiche un résultat brut d'exploitation à +42,5% au premier semestre 2006 ;

- +37% pour le bénéfice courant chez Axa...

En conséquence, les patrons de ces nobles sociétés vont pouvoir ajouter quelques olives dans le Martini. Henri de Castries, boss d'Axa, se retrouve avec des stock-options pour 47 millions d'euros, tandis que Daniel Bouton, à la tête de la Société Générale, n'en cumule que 41 millions. Des stock-options qui ne cessent de prendre de la valeur avec la montée des cours des sociétés citées, cours qui augmentent grâce aux grandioses résultats évoqués plus haut.

Il va en falloir, du Martini, pour noyer toutes ces olives...

Sources : Challenges n°43, Le Canard Enchaîné du 9/08, BNP-Paribas, Capital.fr, Le Monde

 

Les longues dents des assureurs

C'est un modèle de désintéressement qu'offre le Comité européen des assurances (CEA, à ne pas confondre avec le Commissariat à l'énergie atomique, bien que ses positions puissent également se révéler explosives et irradier dans toute la société). Cet organisme, qui ne pense, on s'en doute, qu'à la santé du grand public, et qui rassemble 5000 sociétés d'assurance, enjoint l'Union européenne de privatiser sans délai le secteur de l'assurance sociale.

Les assureurs (privés) sont "les seuls capables d'offrir des solutions durables", affirme le CEA, c'est-à-dire... des fonds de pension (dites "retraite par capitalisation" : si vous avez de quoi épargner tant mieux pour vous, sinon...). Et d'appeler à "la constitution d'un second pilier à côté des systèmes publics de santé" : autrement dit, refilez nous les riches et laissons les Etats s'occuper des pauvres. Mutualiser les dépenses, privatiser les profits : ce n'est plus un refrain, c'est une rengaine.

Source : "Les assureurs lorgnent sur la Sécu", L'Humanité, 21/07

 

Commerce international : les pays riches trichent

Prompts à réclamer une plus grande libéralisation des échanges mondiaux, à demander aux pays pauvres d'ouvrir leurs marchés et de supprimer les mesures protectionnistes, les pays riches, pas fous, font tout le contraire de ce qu'ils exigent des autres.

Selon le Rapport sur le commerce mondial 2006 de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), de nombreux pays subventionnent tous azimuts et, en prime, tentent de cacher leur petit jeu.

"D'après les estimations de l'étude, les pays dépensent globalement plus de 300 milliards de subventions chaque année. 21 pays développés dépensent à eux seuls près de 250 milliards", résume une dépêche AFP du 24 juillet. Les subventions représenteraient 1,4% de l'activité économique dans les pays riches, contre 0,6% dans les pays pauvres. A elles seules, les subventions à l'agriculture des pays de l'OCDE représenteraient... 284 milliards pour 2005 !

Or, les négociations du cycle de Doha, au sein de l'OMC, portaient notamment sur... la libéralisation des échanges agricoles. L'échec de ces discussions souligne douloureusement le retard pris dans l'enseignement du hara-kiri parmi les pays du Sud.

 

Alerte à la bombe à la CGC

Jusqu'à il y a peu, la CFE-CGC, syndicat de cadres, était plutôt perçue comme penchant du côté des patrons. Mais les temps changent, la précarité touche de plus en plus les cadres. Et au sommet du syndicat, on s'interroge. En témoigne un excellent article signé de Michel Lamy et intitulé : "Bombes financières : à quand l'explosion ?"

"La crise boursière issue de la folie technologique est loin d'être résorbée", constate le secrétaire national de la CFE-CGC, qui détaille les facteurs de risque (limitation des salaires, surendettement, course à la rentabilité des fonds de pension, spéculation, surabondance de liquidités, déconnection entre la bourse et "l'économie réelle", déficit budgétaire américain...).

"Aura-t-on la conscience et le courage de mettre fin à la financiarisation forcenée de l'économie, à la recherche du profit immédiat plutôt que d'une construction de l'avenir, de remplacer les distributeurs de dividendes exagérés par des entrepreneurs, et parallèlement de récompenser le travail plutôt que de rechercher une flexibilité de plus en plus forte ?, s'interroge le syndicaliste. L'avenir est à ce prix et il est sûr que dans l'un ou l'autre cas, ce qui est défendu ne recouvre vraiment pas les mêmes valeurs."

 

Total : la multinationale des droits de l'homme

Oh ! bien entendu, il est facile de taper sur une entreprise qui n'est peut-être pas la pire et qui, après tout, n'est qu'un échantillon parmi d'autres dans le livre noir de la course aux profits. Total n'ayant pas la réputation d'être tatillonne sur les droits de l'homme dans les pays où l'entreprise investit (de mauvaises langues allant jusqu'à établir un rapport de cause à effet !), ce n'est pas le petit vade-mecum des "paradis sociaux" publié par Le Canard Enchaîné dans son édition du 16 août qui pourra obscurcir son image.

L'hebdomadaire dresse une espèce de palmarès des pays les plus accueillants pour les entreprises qui recherchent les coûts de production les moins élevés, quitte à jeter un voile pudique sur la situation des salariés, des syndicalistes, sans parler des opposants locaux, qui ont rarement le loisirs de continuer à exister assez longtemps pour véritablement mériter ce titre : Birmanie, Colombie, Chine, Bolivie, Inde, Thaïlande, Maroc, etc.

Or, Total bat la concurrence à plate couture en apparaissant dans pas moins de cinq pays sur les onze cités : Birmanie (pays joyeux des enfants heureux bossant à la schlague et des syndicalistes exécutés), Colombie (spécialisée dans l'assassinat de syndicalistes), Chine (grève interdite, camps de travail), Thaïlande (exploitation d'enfants, droit du travail transparent) et Sénégal (code du travail malléable, syndicalisme soumis au pouvoir).

Comme nous le confie le petit XXX XXX (son anonymat a été préservé afin de ne faire courir aucun risque à son chef d'atelier), 11 ans : "Total, je ne bosse pas chez eux par hasard."

 

Renseignements téléphoniques : encore un succès de la déréglementation

Une multitudes d'opérateurs plus ou moins efficaces, appliquant des prix hétérogènes et répondant à une ribambelle de numéros, au lieu d'un service rapide, efficace, répondant à un numéro simple et unique : malgré des tombereaux de publicité, les renseignements téléphoniques nouvelle formule ont perdu 30% de la clientèle du "bon vieux" 12.

Suggestion : appliquons la même méthode aux 18 et, bientôt, le nombre d'appels aux secours chutera sensiblement, permettant ainsi de réaliser de notables économies sur l'équipement des pompiers.

Le libéralisme, c'est simple comme un coup de fil surtaxé...

 

Balladur, roi de l'absurde

On connaissait trop peu le penchant d'Edouard Balladur, l'ancien Premier ministre (rappelons-le...) pour le comique révolutionnaire. Son excellence est pourtant dénoncée comme digne successeur des Monthy Pythons par le Medef.

Balladur a osé proposer que les dirigeants d'entreprises ne puissent pas vendre leurs stock-options aussi longtemps qu'ils sont en poste. Ceci, bien entendu, afin d'éviter la tentation de penser à son intérêt propre plutôt qu'à celui de l'entreprise.

"Absurde", a réagi le Medef. Parce qu'un patron ne saurait faire passer sa personne avant l'avenir de sa boîte ? Ou est-ce l'aveux que certains ne sont motivés que et uniquement par le cash vite empoché ?

Source : "Le Medef contre le blocage des stock-options", Le blog finance, 12/7

L'UMP grille la priorité à la gauche, Libération, 26/7

 

Gaymard n'est pas à sec

Clara Gaymard, bombardée patronne de l'Agence française pour les investissements internationaux (Afii) en 2003, n'aura pas eu trop de mal à se recaser. Elle est ensuite devenue p-dg de General Electric France. Coïncidence (on ne saurait recourir à un autre terme...) : avant son départ de l'Afii, elle avait fait nommer comme co-administrateur un certain Francis Bailly, qui était alors... p-dg de General Electric France. Et qui a été depuis promu à la tête de General Electric Europe. Et on osera dire que le hasard ne fait pas bien les choses ?

Source : "Le conte de fée de Clara Gaymard", Le Canard Enchaîné, 19/07

 

Lire aussi :

Humour et politique - Election présidentielle : êtes-vous de gauche ?

Docteur Dorothée Ramaut (Le Monde, 05/09). "Pour la première fois, un médecin du travail raconte, de l'intérieur, le quotidien terrible d'une grande surface."

L'Unedic va vendre 100.000 chômeurs au privé (AC !, 07/09). "’L'Unedic vient d’annoncer que ce sont désormais 100 000 chômeurs qui se verront envoyés vers des organismes privés pour le suivi de leur recherche d’emploi. Chaque chômeur rapportera en moyenne 3400 euros à l’entreprise sélectionnée."

La Banque mondiale publie un rapport prônant l’élimination de la protection des travailleurs (CISL, 06/09). La Confédération internationale des syndicats libres  dénonce un rapport de la Banque mondiale "appelant les gouvernements à lever toute réglementation des marchés de l’emploi et à prendre exemple sur les pays qui ne sont pas membres de l’Organisation internationale du travail (OIT) et où il n’existe pratiquement aucune règle en matière de protection des travailleurs."

Présidentielle 2007 : Le Monde veut encadrer le débat économique (Acrimed, 04/09). "Le Cercle des économistes se pose en "cercle de raison", en estimant que sur certaines grandes questions économiques, il doit y avoir un consensus droite-gauche. En consacrant l’éditorial du jour et une pleine page de la même édition aux positions du "Cercle", le quotidien vespéral explicite son positionnement sur l’économie et met en évidence sa conception du débat politique."

Pouvoir d'achat : les syndicats prennent acte, le Medef contre (AFP-Yahoo, 29/08). "Les syndicats ont pris acte de la volonté de Dominique de Villepin de soutenir le pouvoir d'achat, estimant toutefois que ses mesures "encore floues" ne règleront pas le problème de fond des bas salaires, tandis que le Medef a fustigé une "politique de très court terme."

La solidarité à la sauce Bill Gates, par Damien Millet, président du Comité pour l'annulation de la dette du tiers-monde (CADTM)-France (Libération, 17/08). Ou comment deux milliardaires se donnent des airs de bienfaiteurs alors qu'ils ont contribué à creuser des inégalités qu'ils prétendent vouloir réduire grâce à leurs dons.

La France, très loin de Kyoto (Libération, 14/08). "La lutte contre les émissions de CO2 passionne peu et les résultats de 2005 sont désastreux."

La dette américaine conduira-t-elle à une crise financière ?, par John Dillon (CADTM, 19/08). "Les déséquilibres qui menacent aujourd'hui la stabilité financière mondiale ont leur source dans la dette américaine."

L'emploi progresserait... mais pas les salaires - Toujours plus de contrats courts ! (ActuChômage, 18-19/08).

Fabio Lucci Alès : plus de 50 jours de grève (Rouge, 08/09)

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