MEDEF, économie et entreprise : rions un peu
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L'actualité du MEDEF, de l'économie, de l'entreprise avec humour. Avec Parisot, Gautier-Sauvagnac, Sarkozy, les grands patrons... |
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8 mai 2006
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Le Medef contre le renforcement de l'Inspection du travail Contrôles renforcés et obligations légales pour les salariés, simples "conseils" et confiance pour les employeurs : la position du Medef sur la réforme de l'Inspection du travail illustre une nouvelle fois la politique du "deux poids, deux mesures" qu'il revendique. Laurence Parisot, présidente de l'organisation patronale, s'est fendue d'une lettre à Gérard Larcher pour lui dire tout le mal qu'elle pensait de sa réforme de l'Inspection du travail, révèle Le Canard Enchaîné. Le ministre du Travail avait présenté, le 9 mars, un plan prévoyant 700 recrutements d'ici 2010. Un véritable scandale : "La France est le pays d'Europe où les entreprises sont le moins harcelées, rappelle l'hebdomadaire satirique. On y dénombre à peine plus de 1300 inspecteurs et contrôleurs du travail (ces derniers se limitent à surveiller les petites entreprise), soit 30% de moins que la moyenne européenne." Mais c'est déjà trop pour le Medef. Laurence Parisot s'élève contre le "renforcement des sanctions pénales et l'institution de sanctions administratives pécuniaires, ainsi qu'une très forte augmentation des effectifs. (...) Je ne pense pas que l'aggravation des pénalités encourues soit une réponse à l'amélioration du dispositif de contrôle." Elle suggère, plutôt que d'augmenter les effectifs, d'éditer des "guides pratiques" pour les chefs d'entreprises et les inspecteurs du travail. Et dénonce, au passage, "l'interférence d'une affiliation syndicale sur l'exercice du contrôle." En attendant, rappelle Le Canard, une cinquantaine de patrons ont carrément tapé sur des inspecteurs du travail l'an passé, tandis qu'un exploitant agricole en abattait deux autres fin 2005. Sans doute avaient-ils mal interprété cette "réglementation devenue trop complexe" qu'éclairciront les guides pratiques. Sources : Le Canard Enchaîné - reproduction sur Le Grand Soir, L'Inspection du travail dont rêve Laurence Parisot, 3 mai France 2 - AFP, Le Medef ne veut pas plus d'inspecteurs du travail, 4 mai L'Humanité, Medef : non à la hausse du nombre d'inspecteurs du travail, 5 mai Les Echos, Le Medef "vivement opposé" au plan de modernisation de l'Inspection du travail 4 mai
Reggae anti-patrons La municipalité UMP de Marly-le-Roi a déprogrammé le concert d'un groupe local de reggae, Danakil, parce que les paroles d'une de ses chansons attaquaient le Medef et les patrons. Dans un premier temps, la mairie avait accordé le prêt de la salle des fêtes pour un concert. Puis avait demandé à obtenir les paroles des chansons, prétextant que, quelques années plus tôt, lors de la Fête de la musique, un groupe avait "vociféré des paroles de haine". "On veut se préserver contre les obscénités", dixit l'adjoint à la Culture, Benoît Burgaud. Il est vrai que Danakil, qui vient de sortir son premier album, a tout du groupe terroriste avec son titre Où va le monde ? : "J'serais pas le premier, j'serais pas le dernier à critiquer la société / Je vais virer le Medef à grands coups de pieds dans les fesses". Parisot doit en trembler... Burgaud, lui, affirme que sa décision résulte d'un tout : des paroles "insultantes" pour les patrons, une musique qui "entraîne la consommation de drogue", un "service de sécurité monstrueux" qui aurait été nécessaire. Trois arguments et pas un qui tienne la route : il y a des insultes à l'intelligence qui tiennent aussi de "l'obscénité". Source : Libération, Marly-le-Roi n'aime pas le reggae qui moque le Medef, 13 avril.
CPE : le Medef digère mal Les syndicats de salariés "ont bien tort de regarder ça comme une victoire. Avec des victoires comme cela, on sera tous perdants", enrage Laurence Parisot après le retrait du Contrat première embauche (CPE). Mais elle se réjouit que la question de la "flexibilité" soit revenue au centre des débats. Et elle tire une leçon assez paradoxale de la crise du CPE : "Au moins, nous pouvons dire que le dysfonctionnement du marché du travail est lié à son manque de souplesse." Argument que la présidente du Medef ne cesse d'avancer, sans jamais donner le début d'une preuve ou d'une étude statistique... ce dont elle serait bien incapable. Aussi doit-elle passer par d'autre moyens. L'un d'eux est de se substituer à l'Académie française, à Larousse et à Robert pour réécrire le dictionnaire. Laurence Parisot, à propos de la flexibilité, pointe un "détabouage" : ce n'est pas une façon de traiter le code du travail de "tas de boue" mais de se féliciter de la fin d'un tabou. Début avril, elle évoquait "la séparabilité de l'entreprise et de l'employé". Nous nous permettons ces quelques néologismes pour raccourcir encore l'expression : porte-footing, désactivation uni-contractuelle, ANPage, Assédication, partenariat allégé en contraintes... Encore que Laurence Parisot est une experte en la matière. Imaginez : elle doit faire croire que flexibilité est synonyme de souplesses, et que souplesse est synonyme de liberté. Tandis que, bêtement, les salariés ont tendance à penser que flexibilité est synonyme de précarité. Mais, bien sûr, quand on a hérité de l'entreprise de papa, on n'a pas appris à lire dans les mêmes livres que la plèbe. D'ailleurs, on n'aurait jamais dû lui apprendre à lire, à la plèbe. Source : Yahoo-Reuters, CPE : pour le Medef, les syndicats ont tort de crier victoire, 11 avril
CNE : les prud'hommes s'y mettent... Et ce qui devait arriver arrivât ! Les tribunaux de prud'hommes risquent bien de mettre à bas le Contrat nouvelle embauche (CNE), que les patrons ont réussi à préserver après le retrait du CPE. La première salve est venue des prud'hommes de Longjumeau, où les juges sont d'avis que le CNE est contraire au droit international, notamment parce qu'il prévoit une période d'essai "déraisonnable", incompatible avec la convention 158 de l'Organisation internationale du travail. Ils ont requalifiés en CDI le CNE d'une salarié qui avait effectué un CDD, puis avait signé un CNE... et avait été licencié un mois plus tard. Sources : Un contrat en CNE jugé contraire au droit international, Libération, 28 avril Le CNE requalifié en CDI classique par un jugement prud'homal, Les Echos, 2 mai
CNE : les statisticiens dénoncent les pressions du gouvernement Quatorze syndicats représentant des agents de l'Insee, de l'ANPE et des ministères de l'Emploi, de la Santé, ainsi que de l'Education nationale, dénoncent l'évaluation du CNE demandée par le gouvernement d'ici juin : "Un délai aussi court est insuffisant pour évaluer un tel effet, les employeurs bénéficiant de modalité de rupture allégées pendant deux ans." "A cette heure, aucune évaluation du CNE ne repose sur des faits, et aucun autre indice ne permet de dire qu'il a des effets en terme de créations nettes d'emplois", estiment encore ces syndicats dans un communiqué commun. Le gouvernement met pourtant tout en oeuvre pour que les chiffres s'alignent comme à la parade. Le Canard Enchaîné raconte ainsi que, souhaitant obtenir des information auprès de l'Acoss (Agence centrale des organismes de sécurité sociale), il s'est entendu répondre que les statistiques devaient d'abord faire un tour par le ministère du Travail avant d'être rendues publiques... Pour plus de sécurité encore, rappelle l'hebdomadaire satirique, et après la nomination de l'ancien conseiller social de l'ex-Premier ministre Jean-Pierre Raffarin à la tête de l'ANPE (nomination qui "a coïncidé avec une augmentation sans précédent du nombre des radiations de chômeurs"), c'est le directeur de la Dares (statistiques du ministère de l'Emploi) qui a été remplacé par une valeur sure, ayant oeuvré auparavant avec Sarkozy, Breton et Copé. Au ministère de l'Education, le directeur des statistiques a aussi sauté, un collaborateur du ministre délégué à l'Enseignement supérieur François Goulard lui ayant été préféré. Enfin, au ministère de la Santé, les "stats" seront désormais aux mains d'un ancien du cabinet de Gérard Larcher, le ministre du Travail. A défaut de faire baisser le nombre de chômeurs, nulle doute que ces mesures feront au moins baisser les chiffres officiels. Sources : L'évaluation du CNE jugée non fiable par les statisticiens de l'Etat, L'Expansion, 4 mai CNE: des syndicats de la statistique dénoncent des pressions, Libération, 3 mai CNE : des statisticiens refusent la propagande, L'Humanité, 6 mai Le gouvernement bricole ses thermomètres, Le Canard Enchaîné, 19 avril Lire aussi : CNE : les chiffres bidonnés de Villepin
Algérie : le Medef a faim mais repart le ventre vide Le compte-rendu de la visite en Algérie d'une délégation du Medef diffère sensiblement selon que l'on se reporte au journal algérien El Watan ou aux agences de presse AP et AFP. Ces dernières insistent sur les déclarations des chefs de file de la représentation française, conduite par Laurence Parisot, présidente du Medef, et par Yves-Thibault de Silguy, président du comité Algérie du Medef (par ailleurs membre du comité exécutif de Suez et vice-président de Suez Environnement, ancien commissaire européen). L'AFP insiste sur les déclarations de Parisot, qui se félicite de la bonne tenue des "indicateurs macro-économiques" et d'un "processus de libéralisation" (en français : de privatisation) qu'elle juge "prometteur", notamment dans le secteur bancaire. Seul petit bémol : les "relations commerciales sont bonnes" mais "beaucoup nos partenaires algériens nous disent qu'il faut faire mieux encore notamment en terme d'investissements", concède Laurence Parisot. Pour de Silguy, rapporte AP, "Les investissements français en Algérie ont augmenté de 75% en un an et même si en valeur absolue ils sont encore trop faibles par rapport à ce qu'ils devraient être, il est intéressant de voir que 200 entreprises françaises sont impliquées." La France est déjà le premier fournisseur de l'Algérie (plus d'un milliard de dollars au premier trismestre 2006) mais seulement son cinquième client.
Plus que légèrement ironique,
le quotidien ajoute, commentant les déclarations de Yves-Thibault de
Silguy : "Il n’empêche qu’au cours de cette visite, la troisième du genre,
la grande majorité des hommes d’affaires français qui ont fait le
déplacement à Alger est repartie hier bredouille. Cependant, a-t-on cru
comprendre à travers les déclarations de Mme Parisot, il n’est pas du
style des hommes d’affaires français de s’engager rapidement dans un
projet d’investissement. Les businessmen du Medef aiment prendre leur
temps." Avant de conclure : "Les visites des délégations du Medef en
Algérie se suivent et se ressemblent." Lagardère ou Dassault
devraient racheter cette rédaction, pour lui montrer ce qu'est le
véritable journalisme indépendant... Yahoo-AP : Le Medef s'engage sur une plus grande présence en Algérie, 3 mai El Watan, Le Medef quitte Alger les mains vides, 4 mai El Waten, Les banques et la Snta intéressent le Medef, 4 mai Photo : El Watan
Les plus belles déclarations de Laurence Parisot Ces deux déclarations fracassantes de Laurence Parisot avaient échappé à notre sagacité. C'est sur la page de Wikipedia consacrée à la présidente du Medef que nous les avons retrouvées. A déguster lentement, comme d'habitude... - "La précarité est une loi de la condition humaine." Sur France Inter, le 3 septembre 2005. - "L'état de jeune, c'est un passage, une maladie dont on guérit." Dans La Tribune, le 16 janvier 2006
Lire aussi : Exit la "précarité", vive la "séparabilité" "MEDEF : Après la crise du CPE, le patronat n’ose plus trop parler de précarité mais le naturel revient au galop." L'Humanité, 6 mai.
Intermittents du spectacle : Les syndicats ont un mois pour accepter le nouveau statut des intermittents Le Monde, 19 avril Intermittents : renvoi au 18 mai L'Humanité, 20 avril Intermittents : vers un système plus équilibré, communiqué du Medef, 18 avril Hervé Quinsac
précédentes informations : 12 avril 2006 |