MEDEF, économie et entreprise : rions un peu

 

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MEDEF, économie et entreprise : rions un peu - L'information économique avec humour

L'actualité du MEDEF, de l'économie, de l'entreprise avec humour. Avec Parisot, Gautier-Sauvagnac, Sarkozy, les grands patrons...

 

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25 janvier 2007

En direct du MEDEF

L'opération médiatique que constitue l'assemblée générale du MEDEF,  jeudi 25 janvier à Paris-Bercy, est en bonne voie (lire également : Le MEDEF lave plus blanc).

Medef - Laurence Parisot : Besoin d'airLaurence Parisot truste les médias : Europe 1 dès le matin, RTL en fin d'après-midi, France 2 pour le journal du soir. "Avec cet événement de début de campagne, le Medef entre dans la mêlée", explique-t-elle dans un entretien au Parisien du 22 janvier

Pour faire parler du MEDEF, la patronne des patrons semble penser qu'il faut d'abord que l'on parle d'elle : sa photo apparaît de multiples fois sur le site du MEDEF (alors que Seillière en était presque absent), de même qu'en tête du pseudo-blog "Besoin d'air", du nom du "livre blanc" publié par l'organisation patronale à l'occasion de son AG (le blog n'est, bien entendu, qu'un site dédiée à la communication du MEDEF... Il est d'ailleurs amusant de constater que la photo de Parisot y est "cliquable" et non la couverture du bouquin). Une oeuvre signée du MEDEF, "sous la direction de Laurence Parisot", dont le nom apparaît en caractères plus gros que celui de l'organisation qu'elle dirige.

On remarque aussi que les grands messes des patrons attirent bien plus les médias et les dirigeants publics que, mettons, le congrès d'un syndicat de salariés. Ainsi, si la dernière université d'été du MEDEF avait accueilli pas moins de quatre ministres (Thierry Breton, Jean-François Copé, Nicolas sarkozy, Christine Lagarde) et un président de Commission européenne en exercice (José Manuel Barroso), cette fois, les hauts responsables politiques n'étant pas invités, la chaîne parlementaire Public Sénat retransmet en direct l'assemblée générale du MEDEF. Bien entendu, au prochain congrès de FO, le Premier ministre en personne fera le déplacement et France 3 fera des pieds et des mains pour diffuser l'intégralité des discours...

Lire aussi :

Assemblée générale 2006 : la vie selon le MEDEF, "gagner de l'argent"

Assemblée générale 2005  : le best of

 

Parisot brave le ridicule (ou franchit le rubicon ?)

Ne cessant d'appeler au courage en politique, Laurence Parisot ne pouvait demeurer insensible au laps... pardon, au concept de "bravitude" développé par Ségolène Royal en Chine. Surprise, c'est sans détour que la patronne publique n°1 assène : "La bravoure, c'est d'abord de maîtriser la langue française" (Présidentielle : le Medef appelle à "moins de démagogie" - AP, 8 janvier 2007)

C'est peut-être aussi de ne pas dire de bêtise plus grosse que soi. Car Parisot est une professionnelle des pirouettes sémantiques et des néologismes : l'université d'été 2006 du MEDEF se proposait de "concilier l'inconciliable", on y débattait de l'universel et du "diversel", tandis que la patronne de l'Ifop plaide pour le "détabouage" à propos de la flexibilité du travail, après avoir révélé au monde les joies de la "séparabilité" entre employeur et salarié.

Son attaque contre la candidate socialiste ne manque donc pas de culotterie... ou plutôt ne manque pas d'air. D'autant moins que le livre Besoin d'air précité nous est vanté en des termes que même un comique troupier en retraite aurait récusé : Besoin d'air parce qu'il faut changer "de musique, pour un nouvel air, pour une nouvelle ère". Epoustousoufflant ! Sans compter qu'en élargissant le périmètre de ses interventions, le MEDEF a déjà changé d'aire.

 

Changer d'air mais pas de discours

Parmi les propositions du MEDEF : suppression des 35 heures (qui est de toute façon déjà effective avec l'augmentation du contingent d'heures supplémentaires), suppression de la durée légale du travail (Laurence Parisot juge que la priorité est à la baisse du chômage - Reuters, 25 janvier 2007) ou création d'un "contrat de mission", que l'employeur pourrait rompre sans aucune contestation possible de la part du salarié mais qui permettrait de toucher des indemnités de chômage (Le Medef veut augmenter la richesse de tous les français - Reuters, 25 janvier 2007). Ce qui reviendrait très exactement à recréer le CPE et à faire porter la charge des licenciements à répétition sur la collectivité.

En revanche, motus sur les nombreuses entreprises qui ne paient pas les heures supplémentaires à leurs salariés. Besoin d'air est donc tout le contraire d'un renouvellement des idées.

Ce que Jean-François Roubaud, secrétaire général de la Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME), pas franchement copain du MEDEF, explique crûment : "Les chefs d'entreprises n'ont pas besoin d'un énième Livre blanc. Ils veulent des réponses précises à leurs préoccupations" (Les organisations patronales se disputent le soin de peser sur la campagne électorale - Le Monde, 24 janvier 2007). Il n'y a pas à dire, ce type n'a vraiment aucun sens des réalités...

 

Le démon de midi

"A partir de 10h, vivez en direct l'assemblée générale", proposait le site du MEDEF avant le 25 janvier. Jour J, heure H, je me cale devant la fenêtre du lecteur Windows media... rien. 10h30, rien. 11h : le show est toujours annoncé pour une heure plus tôt. 11h30, rien. A midi, enfin ! Les images apparaissent. Deux heures de retard pour l'événement de l'année, un jour où aucune grève ne vient "prendre en otages" les usagers des transports en commun, j'en connais qu'on aurait foutu à la porte pour moins que ça.

 

Et pour 2000 patrons de plus

Sur le modèle du sacre de Nicolas Sarkozy comme candidat de l'UMP, soi disant devant plus de 100 000 militants (alors qu'ils n'étaient pas plus de 25 000, selon les révélations du Canard Enchaîné du 17 janvier), le MEDEF pratique la gonflette des chiffres. Avant l'assemblée générale, l'organisation patronale annonçait 6 000 participants, tandis qu'une partie de la presse tablait prudemment (cette fois...) sur 5 000. Mais le 25 au matin, interrogée sur Europe 1, Laurence Parisot s'enthousiasme : "presque 7 000". Et ce sans même une table ronde sur la fiscalité avec Johnny Hallyday ou Doc Gyneco !

 

Aides aux entreprises : 65 milliards par an

Un article du Figaro révèle que les aides aux entreprises ont représenté 65 milliards d'euros en 2005, soit 4% du PIB, ou encore l'équivalent du budget de l'Education nationale et deux fois celui de la Défense (Aides publiques : le jackpot des entreprises - Le Figaro, 24 janvier 2007). Bref : pas loin de mille euros par Français et par an. Le tout selon un rapport de l'Inspection des finances. Ha ! encore une scandaleuse intervention de l'Etat qui vient gâcher la vie des entreprises.

D'autant qu'un précédent rapport de la Cour des comptes s'interrogeait, l'été dernier, sur l'utilité réelle des 25 milliards d'allègements de charges dont bénéficient les entreprises françaises et concluait, non sans ironie, qu'elles n'avaient, au pire... "aucun effet négatif sur l'emploi". Ce qui n'a pas empêché Laurence Parisot d'estimer que le versement de ces aides ne devaient en aucun cas être soumis à un contrôle de leur efficacité. Des fois qu'on découvrent qu'une partie sert uniquement à gonfler les poches des actionnaires.

Laurence Parisot ne s'est d'ailleurs pas dégonflé sur Europe 1, qualifiant le dispositif d'aide aux entreprises de "système de rustines" et affirmant que les entreprises versaient 280 milliards par an de prélèvements obligatoires (Le Medef critique le dispositif d'aides aux entreprises - NouvelObs.com, 25 janvier 2007). Elle fait ainsi mine d'oublier que c'est précisément le principe de l'imposition de mutualiser des ressources pour le bien de tous : calcule-t-on, par exemple, la part de l'impôt sur le revenu qui sert, par exemple, à construire des infrastructures qui profitent aux entreprises ?

Selon la présidente du MEDEF, 20 milliards d'aides seraient liées aux 35 heures. Elle oublie de préciser que les 35 heures ne sont plus appliquées dans la réalité (merci les heures supplémentaires), que "40% des salariés n'en bénéficient pas" (rappel de Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, dans Le Monde du 13 janvier), et que le coût du travail, l'un dans l'autre, a baissé pour les entreprises qui y sont passées.

Pour les 40 autres milliards, Laurence Parisot n'y voit "certainement pas des aides directes mais des prêts, des cautions." Et pourquoi pas de l'argent que volé par l'Etat, tant quon y est ? Bref, à l'entendre, les entreprises françaises ne bénéficient de strictement aucune aide réelle. D'après vous, elle y croit vraiment ou elle dépasse toute les limites de l'hypocrisibilité ?

Autres sources : 65 milliards d'aide aux entreprises en 2005 - NouvelObs.com, 25 janvier 2007 ; Un rapport plaide pour une meilleure cohérence des aides publiques aux entreprises - Le Monde, 24 janvier 2007

Lire aussi : Coût du travail : pourquoi le MEDEF maquille les chiffres et la réalité - L'Humanité, 23 janvier 2007

 

précédentes informations : 16 janvier 2007

Le Medef lave plus blanc - Charges sociales : un milliard en moins pour les entreprises

 

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