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Concert au Zénith, Paris, 2 avril 2005

Un concert des Wriggles engendre rarement la morosité. Mais de là à blinder le Zénith de Paris, il y avait un pas, que le quintet a franchi haut la main (et essayez de franchir un pas sur les mains, vous verrez si c'est facile).

Une ambiance de folie règne déjà avant la première partie. C'est Wally, sa barbe, sa guitare, ses bretelles et son humour qui s'en chargent. A vrai dire, Wally ne chante pas vraiment ou, du moins, se contrefout des prouesses vocales. Son domaine est plutôt la blague, courte de préférence, parfois totalement débile, souvent absurde. Sa parodie de comédie musicale sur un parking de supermarché, tragi-comédie moquant à la fois la soupe musicale que l'on nous fait ingurgiter, le consumérisme et la beauferie machiste, fait un tabac.

Wally entonne ensuite a cappella des courriers de lecteurs à des magazines. Garanti 100% pur connerie de temps de cerveau indisponible. Et pour se finir, une succession de "chansons" ultra courtes, de quelques secondes, selon le principe une blague = un titre. Pas sûr qu'une scène aussi grande soit la mieux adaptée à ce genre de spectacle. Le public n'en fait pas moins une ovation à l'Aveyronnais, qui gravite depuis un moment déjà dans l'entourage des Wriggles.

Après la pause et les pubs sur écran géants (copieusement sifflées), les clowns chantants apparaissent alignés, de profil, vêtus de rouge, sur des fauteuils de bureau. Moi d'abord, chanson titre du nouvel album, sorti le 28 mars, ouvre les réjouissances.

Les Wriggles : Moi d'abord J'avoue que j'ai un peu peur à ce moment-là. L'écoute de l'album ne m'a que moyennement convaincu. Certains textes me paraissaient presque fades, l'alternance des voix parfois forcée, comme s'il fallait bien caser tout le monde sur le disque, et les chansons jouant sur la corde sensible un brin sentimentalistes.

En quelques minutes, le doute s'envole. Les Wriggles ne se goûtent vraiment  qu'en concert, avec gestuelle et lumières, bref, avec le jeu (au sens propre) de scène, qui renforce le poids des mots et souligne la cocasserie des textes.

Brassens, Trénet, Vian, les VRP, Desproges... Les Wriggles peuvent évoquer tous ces adeptes de l'humour intelligent, qui prend le public par en haut (et non d'en haut) et même par les tripes. L'accompagnement musical est toujours aussi réduit, soit guitare acoustique, un yukulélé sur un titre et, sur quelques autres un balayage de cymbale.

Le début du concert est entièrement axé sur les nouveaux titres. Individualisme social, ultra-libéralisme s'accommodant du communisme en Chine (et vice-versa), racisme (un Delit de face, yes ! teinté d'auto-dérision ), homophobie... les sujets sérieux, quoique toujours traités avec drôlerie et second degré, alternent avec des délires qui frisent l'absurde mais ne sont jamais totalement gratuits. Certains morceaux sentent le vécu, comme l'histoire du taxi de nuit ou celle d'un groupe en répétition dans un appartement, pour le malheur des voisins.

"Il paraît qu'il y a une chanson qui se moque de Raffarin", dit un gamin à son papa, à côté de moi. De Raffarin, non, mais des valeurs qu'il représente, sans aucun doute. Tandis que le pape s'éteint à Rome, Les Wriggles, eux, allument les religions, Sarkozy ou les terroristes corse (Comme Rambo) dans un morceau qui devrait faire parler de lui ("On n'est même pas indépendantistes/On est juste de la Mafia qui s'ennuie"). Autre "tube" en puissance, "Toutes" réussit à parler de tabagie sans sombrer dans le moralisme. Un travers qui pourrait parfois guetter le quintet, à force de balayer tous les sujets qui font mal, si l'humour n'était pas omniprésent.

Les chansons plus anciennes déclenchent l'hystérie. De Julie, la petite olive qui veut connaître le vaste monde, au petit Grégory qui fait plouf!, de l'Erika qui pète aux copains qui partent sur l'autoroute de la mort... il devient impossible d'entendre les paroles, que les spectateurs reprennent pourtant à gorges déployées.

Quelques morceaux calment le jeu, tel Mon petit mec et moi (qui confirme, comme l'album de Volo, que la famille Volovitch a été assez marquée par la paternité). La gentille naïveté n'est toutefois pas (à mon avis très humble) le meilleur registre des Wriggles.

La fin du concert est plus que triomphale. Il faudra pas moins de quatre rappels (du jamais vu en ce qui me concerne) pour que le public consente à quitter le Zénith, heureux, après deux heures et demi de folie furieusement réjouissante. Conclusion : Les Wriggles sont devenus un groupe extrêmement populaire, au meilleur sens du terme, qui ne doit son succès qu'à son talent et à ses tournées, à sa capacité d'extirper de la joie de vivre d'un monde de merde. A ne pas rater.

FM

Lire aussi : Les Wriggles au Festival de Marne

Volo : Bien Zarbos

Liens : www.leswriggles.com (site officiel)

www.atmospheriques.com (site du label)

http://wally.artistes.universalmusic.fr/ (site de Wally)

www.opera-musique.com (label de Volo)

chronique Wriggles sur AmbFrance