THUNDER - GLYDER
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Concert à La Boule Noire, Paris, 5 mars 2007
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Il faut dire que, sur scène, les deux formations ont montré qu'elles avaient une certaine classe, et des compositions efficaces autant que mélodiques, le tout emballé dans une bonne humeur communicative Le répertoire de Glyder se limite pour le moment à la restitution assez fidèle de son premier et excellent album, sorti chez Bad Reputation, dans un style très inspiré de Thin Lizzy et du classic hard-rock 70's, avec des touches de Rory Gallagher, de Iron Maiden première époque ou encore de Rainbow. Le quatuor affectionne les titres à rallonges et les parties instrumentales rehaussées de longs solos lorgnant vers le psyché. Bien entendu, sur les planches, le chant s'avère moins poli et précis que sur disque. Les solos, par la faute de la sono défaillante, semblent également parfois plaqués artificiellement sur la rythmique. Le parallèle avec le groupe de Phil Lynott s'efface quelque peu (dans les toilettes, une affichette rappelle avec ironie que Thin Lizzy fut comparé à Hendrix à ses débuts), tandis qu'un son plus dur, notamment sur un nouveau titre présenté en prévision de l'enregistrement d'un nouvel album, penche nettement vers la Vierge de Fer. Bien qu'à l'étroit et encore un peu timides, les musiciens semblent s'en donner à coeur joie, et ceux qui n'ont pas droit au micro chantent pour eux-mêmes. Leurs compositions aérées, nostalgiques et chaleureuses sont plutôt bien accueillies par un public venu presque exclusivement pour Thunder. Les Irlandais confirment ainsi leur potentiel dans un registre hélas totalement ignoré sur les ondes. A surveiller comme une Guinness sur le comptoir. On passe cependant dans la catégorie supérieure avec Thunder, venu défendre le récent Robert Johnson's Tombstone. Il suffit d'un titre pour comprendre que ces types-là sont de vieux renards, qui investissent La Boule Noire comme s'il s'agissait de Bercy. Le public leur mange dans la main. Le chanteur Danny Bowes ne cessera de harceler les spectateurs pour les faire chanter (et les chambrer quand ils sont à côté de la plaque) ou taper dans les mains. Il bouge sans cesse, tient son micro à deux mains comme s'il déracinait un tronc d'arbre, plaisante avec ses musiciens. Les deux guitaristes prennent les poses rock n'roll d'usage, manche à la verticale. La décontraction est totale mais, côté musique, Thunder envoie du bois. Ce cocktail de professionnalisme et de naturel fait mouche, tandis que défile un répertoire hard-FM, parfois bluesy, évoquant ACDC comme le big-rock US, ponctué de deux ou trois balades dispensables mais qui permettent de respirer. Le son, toujours trop fort, tue un peu les nuances. Et comme les titres se ressemblent quand même beaucoup, on n'évite pas une sensation de linéarité vers la fin du show. Heureusement, Thunder tient la scène et la distance, se permettant même d'inclure cinq extraits du nouvel album au set. Des morceaux taillés pour les concerts, de Robert Johnson's Tombstone où Bowes, qui mène la barque sans que jamais sa voix faiblisse, dévoile sa rock n'blues attitude, au refrain speedé et entraînant de The Evil Made Me Do It. Une soirée sympathique en diable, effectivement. FM, 15/03/2007 Site officiel Thunder MySpace Thunder |