SUPERSUCKERS - HELL'S CRACK
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Concert au Nouveau Casino, Paris, 13 mars 2007
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Les Français de Hell's Crack, habituellement en quatuor mais privés ce soir d'un guitariste, donnent sans en avoir l'intention tout son sens au terme "power trio", souvent associé au blues. Un guitariste chevelu, un batteur-chanteur à casquette et un bassiste chauve prouvent que le rock-punk s'accommode très bien de la formule, avec un certain minimalisme musicale mais une rage d'en découdre qui justifie le nom du groupe.
Seul le bassiste demeure plus posé... dans l'attitude. Car il sort de son instrument un ronflement à réveiller les morts. De brûlots speed-rock en attentats punk-garage, et malgré des paroles totalement inaudibles, les Hell's Crack assurent un set infernal, violent et sans concession, orné de deux reprises : Shakin' all over et Please, don't touch. Nos condoléances aux oreilles de l'ingé-son qui va enregistrer leur second album cet été.
Le groupe est très solide et ses compositions ne le sont pas moins. Bien sûr, il faut aimer ce rock-garage teinté d'americana, autant que de punk n'roll, dont le seul décor de scène est constitué par d'antédiluviens amplis Orange. La couleur roots tend toutefois a disparaître après rinçage scénique : la balade country Breaking Honey's Heart, tiré du récent EP Paid, se transforme ainsi en promenade en dragster. Les Supersuckers ne semblent d'ailleurs pas peu fier de Paid, dont les quatre nouveaux morceaux sont joués, le concert débutant même par Here I Am, avant le "tubesque" Rock n'roll Records, totalement assassin... hélas gâché par une sono encore hésitante (chant totalement absent, et qui demeurera beaucoup trop en retrait jusqu'à la fin du set), et plus tard ce I Like It All, Man supersonique, qui devrait devenir un incontournable des concerts superconnardiens. "What is it about ? Is it about being good, or being awesome ?", résume le bassiste rigolard de l'auto-proclamé "greatest rock band in the world" (toujours l'auto-dérision). Si le show a démarré à toute vitesse et s'est poursuivi à tombeau ouvert, avec sa dose de moulinets, de solos délivrés à dix centimètres du public, de poses de guitar-heros sur les retours, le final est apocalyptique. Les Supersuckers ne font pas de rappel, mais une fausse sortie (dos tourné au public), Spaghetti dresse sa basse vers le ciel comme une icône à adorer et "autorise" chacun de ses compagnons de route à en jouer quelques secondes, y compris Dusty, qui frappe les cordes avec une baguette (encore un clin d'oeil bien vu, puisque la guitare est censé être l'instrument-roi du rock). Pretty Fucked Up, Goodbye, I Want The Drugs et Born With A Tail mettent un ébourrifant point final à ce concert qui partait pour être bon et qui s'est avéré tonitruant. Cinq minutes plus tard, tandis que la salle tardait à se vider (un signe qui ne trompe pas sur la qualité d'un gig) et que le stand de merchandising ne désemplissait pas, Eddie Spaghetti était tranquillement assis juste à côté, une bière à la main et sa fille sur les genoux, à serrer la paluche et à signer des autographes à qui voulait. Respect. FM, 15/03/2007
The
Supersuckers : The Rock N’Roll Records (vidéo)
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