PARHELIA : First Light (2006)

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(post ?) rock instrumental

Parhelia : First Light (rock instrumental)C'est la première fois qu'Annu:Art attribue un coup de coeur à une démo, pour vous dire s'il est rare qu'un de ces mini-albums de présentation fasse aussi forte impression. Parhelia, avec ses cinq titres de rock instrumental et atmosphérique (que certains qualifient de post-rock), détonne et surprend. D'ailleurs, il s'agit plutôt d'une suite divisée en cinq chapitres, qu'il serait absurde de distinguer les uns des autres pour se soumettre à l'autorité du track-listing. A preuve,  les différentes parties ne sont pas toutes séparées par des blancs. Leurs titres suggèrent également la continuité, ainsi que l'attention portée aux climats et aux images ou sensations qu'ils insufflent.

Avant même d'insérer le CD dans le lecteur, on se dit que ce quatuor de Dublin, né du split de Revile, ne fait pas les choses à moitié et a bon goût : mini-digipack du plus belle effet, superbes photos noir et blanc de pochette (le nom du groupe n'apparaît que sur la tranche), au recto comme au verso, qui laissent présager une ambiance mélancolique et de vastes espaces.

La surprise se poursuit avec la musique. Car il ne s'agit QUE de musique. De rock "moderne, raffiné et atmosphérique", dixit les quelques lignes de présentation jointes au disque. Pas de chanteur à l'horizon. "Merde, du rock progressif casse-couilles", craint le cancre de service. Tout faux.

Avec le seul apport d'une formation rock classique (guitare, basse et batterie, donc), rehaussée de quelques samples discrets, Parhelia réussit le tour de force de vous entraîner dans un voyage contemplatif et électrique, qui navigue des rivages de la pop aux îles du progressif, laissant au loin, comme une idée inconsciente, les côtes du space-rock (ou d'un stoner soft). Le groupe ne peut être qualifié d'expérimental, car les compositions, quoique dénuées de refrain, prennent garde à ne pas laisser l'auditeur se noyer dans des méandres par trop labyrinthiques. J'ai peur de tomber dans le poncif si j'ajoute : hypnotique, planant. La symbiose entre guitare lead et la rythmique est aussi à souligner.

First light, A Second Changes Everything, Cloudbreak, Ebb/Flow, Waves Turn : les titres des "morceaux" en disent déjà long. J'ai eu le sentiment, par moment, d'être assis sur une plage entre chien et loup, et de regarder défiler les nuages hésitant entre la lumière et l'orage.

A peine peut-on reprocher un léger manque de dynamique sur la longueur, dû surtout à la forme, à l'attention permanente que requiert une telle musique (peut-être le groupe a-t-il voulu privilégier l'homogénéité pour ne pas trop dérouter l'auditeur). Peu habitué à ce style, j'ai manqué de quelques points d'accroche clairs, de repères.

Il vous faut des noms, des rapprochements ? Aïe ! Non que la musique de Parhelia ne m'évoque rien d'existant même de loin, mais je ne mets pas le doigt dessus. Eux avouent des influences allant de A Perfect Circle à Pearl Jam et d'Anathema à Faith No More. Que des groupes à forte personnalité. J'ajouterais volontiers Tindersticks, Rodolphe Burger ou I Mother Earth.

Très maîtrisé, original, ambitieux et prenant, ce CD constitue une excellente surprise. Et la deuxième mandale que nous colle l'Irlande en deux mois, après le hard 70's de Glyder. Au fait, une dernière chose : le premier qui vous dit que Parhelia "c'est pas mal mais ils devraient engager un chanteur", merci de lui casser la gueule de ma part.

FM

(21/05/2006)

Parhelia : chronique de Oceans Apart (2007)

www.parheliaband.com

www.myspace.com/parhelia

chronique Parhelia sur Metal Observer (en anglais)