GLYDER : Playground for Life (2007)

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classic rock hard... 70's ou intemporel ?

Glyder : Playground for Life (2007)Les très belles choses entrevues sur le premier album du groupe irlandais Glyder se confirment : nous tenons là un excellent représentant du classic rock, peut-être même un futur grand, qui mériterait autant d’attention que The Answer. Très influencé par ses compatriotes de Thin Lizzy, peut-être trop au goût de certain, Glyder n’a cependant jamais cherché à

dissimuler ces racines, les revendiquant haut et fort (et non sans humour : lors du concert donné à La Boule Noire, en première partie de Thunder, le 5 mars 2007, une affichette avait été apposée dans les WC, qui rappelait qui Thin Lizzy, à ses débuts, avait été beaucoup comparé à Hendrix). Cette filiation avec le gang de Phil Lynott se double, pour rester dans les trèfles, d’une parenté avec Rory Gallagher. Et, dès le premier album, on sentait aussi beaucoup de Rainbow.

Playground for Life confirme superbement les qualités d’écriture de Glyder mais s’éloigne légèrement de Thin Lizzy pour se rapprocher plus encore du combo post-Deep Purple de Richie Blackmore. De même, ce côté early-Iron Maiden qui se faufilait sur scène bien plus que sur disque, apparaît désormais clairement en studio. Enfin, il faut ajouter une grosse pincée de Led Zeppelin. Bref, Glyder se baigne dans le tout meilleur du hard 70’s et n’a pas à rougir de la comparaison.

D’évidence, Glyder a gagné en maturité et possède désormais une véritable identité. Les relents psyché sont un peu moins présents, au profit de compositions dans l’ensemble beaucoup plus carrées et structurées. Le fantastique et space Stargazer du premier album (quand on a écrit un morceau de ce calibre, on peut se dire que sa vie n’a pas été totalement inutile…) ne trouve pas vraiment de petit frère – peut-être le title-track Playground for Life serait celui qui s’en rapprocherait le plus. D’ailleurs, Playground for Life (l'album) est bien moins immédiat que son prédécesseur, dont la fraîcheur faisait mouche immédiatement. Ici, on sent "un travail de pro", une volonté de précision. Six morceaux sur dix restent sous les quatre minutes.

Glyder live - photo bitcinrockphotos.com

De fait, il est difficile de s’ennuyer quand on écoute attentivement Playground for Life : sans être surchargé (il s’agit bien de rock hard énergique –quoique très mélodique-  avant tout), cet album fourmille de détails et, par exemple, toutes les intros sont travaillées. Pas de creux, pas de vide, pas de baisse de tension. Chaque titre repose sur des riffs très convaincants, des guitares doublées amples et aériennes, des solos à double carburateur et se voit relancé par des breaks tueurs. La section rythmique, sans surenchère dans le speed, est remuante à souhait et inventive.

Quant à la production, signée une nouvelle fois par Chris Tansgarides (Thin Lizzy, Black Sabbath, Ozzy Osbourne, Judas Priest, Gary Moore…), elle colle parfaitement à l’esprit des compositions sans sonner rétro outre mesure.

Voilà pour la chronique, disons, raisonnable. Maintenant, si je me laisse un peu aller, j’ajouterais que Glyder me semble avoir un truc en plus, que sa musique me rend heureux, que le chanteur me fait décoller et que j’espère de tout cœur les voir casser la baraque. Parce qu’on peut bien user son vinyle du Down to Earth de Rainbow jusqu’au fond des sillons, brûler des cierges pour que Led Zeppelin signe pour une nouvelle tournée mondiale, trouver que le Deep Purple mark 879 bande encore, se demander "Where are all the rock’n’roll people ?" avec Mother Superior (dont l'excellent dernier album, Three Headed Dog, est passé totalement inaperçu en France), prier pour que le Rise de The Answer fasse se lever les foules zombifiées, bref, ressasser les héros d’hier et louer leurs fiers successeurs, peu de groupes peuvent se targuer de sortir des disques aussi affûtés sans sombrer dans le passéisme.

En ce qui me concerne, Playground for Life est un des plus sérieux candidats au titre d’album de l’année.

FM, 20/12/2007

PS : Glyder vient d'être confirmé pour le prochain Festival de Raismes, qui aura lieu les les 13 et 14 septembre 2008.

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Autres chroniques sur : Metal sickness (en français), Rock of ages (en anglais - 3,5/5), RevelationZ (en anglais - 7/10), Burn your ears (en allemand - 9/10)