ERIC McFADDEN : Dementia
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rock pop folk blues jazz hard... génial !
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Le label Bad Reputation nous offre une double compilation, Dementia, qui ne vole pas son titre. Eric McFadden s'y montre littéralement démentiel ! C'est bien simple, on croit entendre tour à tour une multitude d'artistes tous plus talentueux les uns que les autres, on passe d'une ambiance à l'autre sans crier gare, on plonge dans les délices d'un refrain qui le place avec les meilleurs songwriters, avant de se prendre un coup de six-cordes enragée, on s'extasie sur des sonorités improbables, on admire les mélanges de genres farfelus quoique absolument cohérents, on est à genoux devant tant de dextérité et, surtout, de liberté. Dementia, ce sont 32 titres de bonheur. Aucun bouche-trou, aucun temps mort. Mais d'où sort un type pareil ? Un petit tour sur son site personnel et sur celui de Bad Reputation (qui nous offre encore une pépite), nous apprend qu'il a tourné, joué, enregistré avec George Clinton et le P-Funk All Stars (avec qui il vient de sortir un nouvel album), Bo Didley, Les Claypool (Primus) ou les cultissimes maîtres du crossover Living Colour, ou encore avec Stockholm Syndrome. Sans compter son implication dans ses divers projets, notamment Liar, Alien Lovestock, IZM, Holy Smokes et, tout de même !, The Eric McFadden Experience !
Boudiou, quel CV d'enfer ! Qui
résume d'ailleurs bien ce que vous trouverez sur Dementia : du vrai
blues, du rock'n'roll, du hard, du folk, (americana, ou hispanisant,
ou orientalisant... avec violon à l'appui), du jazz... Eric McFadden est
un mélange de juke-box et de bandit (pas) manchot avec lequel à tous les coups
on gagne !
Croyez-moi, il est rare en chroniquant un disque de se trouver à ce point démuni pour tenter de convaincre que l'on encense pas un artiste plutôt-pas-mal mais réellement au-dessus, au-delà devrais-je dire, de ce que l'on a l'habitude d'entendre. Et puis Eric McFadden a ce truc en plus : l'évidente, la puissante joie de jouer, de créer. Je vous le jure, cela s'entend, cela se sent, c'en est incroyable. Passons par la bande, si vous voulez des références. Au fil de Dementia, vous approcherez Bruce Springsteen, les Black Crowes ou Tom Waits ou le Johnny Cash des American recordings, vous entendrez la BO d'un film de Quentin Tarantino rencontrerez un orchestre tzigane (ou une BO d'un film d'Emir Kusturica) et partirez en cavale avec une composition d'Ennio Morricone, vous reconnaîtrez les Beatles (ah ! là, c'est normal, avec la reprise de Hey Bulldog) et évoquerez les Rolling Stones, vous retournerez aux fondations du rock, vous danserez, vous serez black, vous serez blanc, vous serez manouche, vous rigolerez sur ce Clown Star rappelant furieusement le cartoonesque multi-instrumentiste des 50's Spike Jones, vous serez propulsés au temps où Guns'n'Roses faisaient du bon hard et où Kyuss inventait le stoner, vous poursuivrez l'expérience entreprise par Patrick Rondat avec Didier Lockwood et Michel Petrucciani sur On the Edge, vous découvrirez une piste cachée du mythique Friday Night in San Francisco de McLaughlin-Di Meola-De Lucia... Je viens de me prendre une baffe de la même envergure qu'avec la découverte de Gov't Mule. C'est hallucinant. C'est virtuose. C'est entraînant. C'est beau. C'est émotionnel. C'est énergique. C'est mélancolique. C'est joyeux. C'est libre. C'est mon album de l'année. De loin. De tellement loin... FM (30/12/2005)
chronique concert La Java 2006 chronique concert Café de la Danse 8/10/2007 chronique album Let's die together... Forever
Eric McFadden sur Bad Reputation
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