The Black Crowes : Live
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rock blues hard'n'roots
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Les Black Crowes n’ont plus rien à prouver. Que leur reste-t-il à faire ? Ce qui leur plaît. Voila ce qui transparaît en premier sur leur double live. Abrupte mais fin, racé sans se poser trop de questions, sanguin avec distinction, très américain et furieusement roots : cet album de rock généreux nous réexpédie dans les bouillantes années 70, avec ses touches de musique noire, de blues, de rock sudiste. L’influence de Led Zeppelin est la plus évidente. Les Black Crowes ont d’ailleurs signé un Live at the Greek en compagnie d’un certain Jimmy Page. On peut aussi évoquer, au gré des 19 titres, les Rolling Stones, Nazareth, le Allman Brothers Band, l’irresistible Mirrorball de Neil Young avec Pearl Jam, ou même un autre double live, celui des Eagles. Encore que, sur ce coup, les aigles passent pour de gentils moineaux à côté des corbeaux. Le son, propre et équilibré, souligne le jeu à la fois naturel et parfaitement soudé du combo des frères Robinson. Cet album, enregistré en 2001, déroule leurs classiques. Sans pour autant faire figure de compilation améliorée. S’ils proclament d’entrée «We call it rock’n’roll music», ces messieurs sont des sauvages qui se domptent. Ils savent que c’est rarement en tapant le plus fort possible ou en faisant dégouliner la guimauve que l’on touche au plus profond. Les Black Crowes ne jouent pas de leurs instruments, ils jouent avec. Du groove, du feeling, du swing, encore du feeling… Les guitares dégagent pourtant plus d’électricité qu’un réacteur de Tchernobyl avant le feu d’artifice, tandis que la batterie donne envie de fonder une association contre le martyr des peaux de fûts. Les habitués, même s’ils regretteront le minimalisme du livret, peuvent y aller les yeux fermés. En prenant par la main tous ceux qui apprécient le songwriting, les chanteurs habités par leur musique, les claviers chaleureux et, surtout, les guitares rutilantes qui vous font remonter des frissons dans le dos pour mieux vous saisir par le col. F.M. |