ASTRAL QUEST : Electrick Shaman (2007)

sites d'actualité et d'information indépendante

ANNU:ART

Poin-Poin musique : disques en tout genre, portraits, dossiers, absurdités, forum> MUSIQUE

toutes les chroniques (rock, hard, métal, progressif, chanson, blues...)

> actualité

Réseau Education sans frontières

> LIVRES

Des bonheurs de lecture

> A CONSOMMER SANS MODERATEUR
Le forum des fadas de Poin-Poin

> annuaire

arts du monde

artisanat

artisanat 2

BD

sites bizarres

contemporain

contemporain 2

contes

danse

généralistes

généralistes 2

Rechercher sur Annu:Art

Tous les articles

L'horoscope préhistorique

jeunesse

lieux

musique A-K

musique L-Z

livres A-K

livres L-Z

livres : éditeurs

peinture A-D

peinture E-K

peinture L-P

peinture Q-Z

photo A-I

photo J-Z

poésie

ressources

ressources 2

sculpture

théâtre A-K

théâtre L-Z

théâtre : scènes

art urbain

webart

webzines

nos favoris

 

MUSIQUE tous les articles
liens musique (A-K)
liens musique (L-Z)

 

rock blues psyché prog

Astral Quest, découvert à l'été 2007 lors d'un renversant concert en première partie de Dr Feelgood, est un combo qui applique à la musique le principe de la relativité. Temps et espace deviennent des notions incertaines, étirables, malléables, propices au voyage par des biais insoupçonnés.

Astral Quest vit la tête en l'air, direction les étoiles, d'où une musique parfois planante, souvent brillante. Et plonge le corps dans des références essentielles des sixties et des seventies (Kinks, Cream, Beatles, Hawkwind, Van der Graaf Generator...), les ramènant à la surface vers un présent qui ferait du Kyuss Kyuss bang-bang. Bref, je ne sais pas à quoi ils carburent, mais l'essence est de les brouiller. Les sens.

Electrick Shaman est le deuxième album du groupe emmené par le guitariste-chanteur Jean-Marc Devaux, après une première livraison en 2001 chez Nova Express, ainsi que des participations à un tribute album à Procol Harum et à la compilation Bordello, Pretty Princesses Of New Garage, sous le nom d'Atomic Shack (chronique ici).

En comparaison de l'effet que produit le groupe en live, celui d'une jam-session cosmique qui flirte parfois avec le hard tant l'électricité étincelle, la galette semble presque émaner d'une autre formation. Pourtant, pour avoir entendu certains titres d'Electrick Shaman en live, je peux vous assurer qu'ils sortent consumés du brûlage de planches.

Ainsi de ce Abducted ! qui ouvre l'album et où l'on retrouve de ces notes stoner (et une thématique déjà très space...) qui cousinent avec Hawkwind et Kyuss. Mais on se téléporte directement avec And Love Transcends Everything dans la dimension émotionnelle d'Astral Quest, qui semble inspirée en ligne directe des sixties. Le mix de l'album, en dépit de la mention "Play this record at maximum volume !!!", qui figure au verso de la pochette, évoque d'ailleurs très nettement le bon vieux temps du rock'n'roll et risque de dérouter qui ne jure que par le son béton armé à l'américaine.

Déroutante aussi, la voix de Jean-Marc Devaux, pas très puissante, un tout petit chouia nasillarde, qui apporte paradoxalement une sensation de fragilité et de sincérité assez émouvante... mais à laquelle j'ai du mal à m'habituer et qui demeure limitée sur certains passages, d'autant qu'elle est très en avant -trop- dans le mix.

Astral Quest bandMartial Baudoin (basse) et Marc Chaniot (batterie), formidables de cohésion sur scène et qui mettent le feu aux fesses de leur guitariste, se font ici plutôt compagnons de route que co-artificiers - ce qui ne signifie pas que leurs instruments soient en retrait dans le son, les cymbales étant même surmixées. Marc Chaniot se révèle un cogneur direct. Il n'en fait pas des tonnes mais sait très bien rester à sa place avec un pur binaire discret quand il le faut, puis torturer ses cymbales soudainement tandis que ses pieds deviennent psychopathes, comme sur le final épique et en roulements de Millenium Metanoïa. Martial Baudouin apporte une vibration, au sens propre, tant son instrument est présent, et est responsable, pour une bonne part, du feeling stoner.

Mais c'est bien la guitare qui ici mène la danse. Devaux s'arrache quelques solos aussi fluides que retors, à faire bander Jacques Martin, même là où il se trouve désormais.

Astral Quest s'amuse aussi, ainsi sur cette sorte de valse tarée AAwaltZZtlawAAwaltZZ qui se finit moulinée à l'envers et ornée d'une ambiance celtique (l'abus de chouchen, sans doute) ou sur Talking Radio-Wha, un interlude a priori enregistré dans une baignoire.

Les morceaux démarrent fréquemment en chanson douce avant de partir en vrille, tel Someday (We'll Go Back Home) et son décollage prog qui ne ferait pas tache chez les ténors du genre. Des moments très rock (Millenium Metanoïa) alternent avec recherche d'un apaisement ou la mélancolie, dans la musique comme dans les paroles (Bathe Yourself in the Sun), et des sons space triturés (Illumination/Electrocution). Le court New Born Child (2'36") a des allures de single pop-rock d'il y a quarante ans, avec un son de guitare plus que vintage.

Ce grand mixeur intègre donc des éléments qui pourraient, individuellement, être rattachés à une bonne dizaine de styles ou sous-genres différents (rock, pop, blues, rock progressif, space-psychédélique, stoner...) sans que l'un prenne réellement le pas. Ce qui ressort le plus, en fin de compte, est peut-être la volonté de ciseler, et polir, de véritables chansons qui touchent l'auditeur par tous les moyens, quitte, parfois, à paraître naïf (étrange constat, puisque Electrick Shaman est loin d'être un disque simple, et encore moins simpliste) ou sous acide.

Astral Quest - rock psyche bluesA la différence du premier album et de son irrésistible The Crystal of Life (tuerie en live), Electrick Shaman ne possède cependant pas de morceau qui se place d'évidence au-dessus du lot, ou, tout au moins, extrêmement et immédiatement accrocheur (à part, peut-être et encore, Millenium Metanoïa).

J'aimerais aussi que le groupe se jette à l'eau et ose des titres entièrement instrumentaux. Astral Quest me semble taillé pour l'exercice. Mais il faudrait pour cela retrouver un peu de cette énergie brute, presque irréfléchie (en apparence) du live. Elle me manque sur l'album, qui sent trop le studio et pas assez le power-trio, bien que les parties instrumentales soient souvent à se rouler par terre en gémissant.

Maintenant, soyons francs. Astral Quest ne sonne pas comme la dernière coqueluche de la fièvre du samedi soir... et ne sonnerait pas ainsi même avec un budget studio mille fois plus important (qui aurait tout de même évité des basses saturant un peu vite, ou permis de rectifier la voix "limite" sur New Born Child). Le côté "groupe en fusion" si prégnant en concert, s'efface au profit d'un son moins rugueux, sans doute même trop poli par moments. Electrick Shaman n'en reste pas moins un très bon disque, attachant, varié comme peu de galettes osent l'être de nos jours, où petites mélodies intimes, éclairs de guitare, rock millésimé et trips bizarroïdes s'entrecroisent sans contradiction. Un ovni auquel il ne manque plus qu'un distributeur pour décoller à plein tube.

HQ, 22/09/2007

Autre chronique de Electrick Shaman sur Poin-Poin

MySpace Astral Quest

site officiel Astral Quest

contact : astralquest(at)orange.fr

L'album peut être commandé ici