Brèves de guerre d'Irak

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15 mai au 25 juin 2003

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"Il faut terroriser les terroristes"

Sur le site de la Maison Blanche, le compte-rendu de l'intervention radio hebdomadaire de George W. Bush, le 21 juin, pourrait laisser penser qu'il avait la célèbre phrase de Charles Pasqua (à propos de la Corse) en tête au moment de sa rédaction.

"De dangereux îlots (de résistance) de l'ancien régime lui restent loyales et, avec leurs alliés terroristes, elles sont derrière les attaques mortelles qui ont pour objectif de tuer et d'intimider les forces de la coalition et les Irakiens innocents", assure Bush. Quels alliés terroristes? Les Américains, rappelons-le, n'ont toujours pas fourni la moindre preuve d'alliance entre le régime de Saddam et l'organisation de Ben Laden.

Pas perturbé pour deux sous, Bush affirme que la poursuite des armes de destruction massive se poursuit. En ayant le contrôle total du pays, je ne vois pas ce qui a pu les empêcher de les découvrir jusqu'ici... "Les services de renseignement de nombreux pays ont conclu que" le régime de Saddam "avait des armes illégales": quels pays, SVP, à part les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, qui ont bidonné lesdites preuves? Sans compter que les Etats-Unis aussi possèdent un stock très important d'armes illégales, comme les bombes à fragmentation, des armes chimiques...

Enfin, sentiment d'horreur en lisant ceci: "Après des années de négligence, les 4,2 millions d'enfants irakiens de moins de cinq ans reçoivent des vaccins contre des maladies tels que la polio, la rougeole et la tuberculose." N'est-ce pas l'embargo imposé par les Etats-Unis jusqu'à la guerre qui a empêché les médicaments d'arriver et a fait crever un demi-million de gamins?

 

Hostiles mais avec le sourire

Rappelons que, selon la propagande US, ses soldats ont été accueillis en héros et avec le sourire par le peuple irakien. "La situation, en matière de sécurité est à l'évidence toujours sérieuse", affirme pourtant Tony Blair, cité par Libération.fr du 25 juin. Selon le quotidien, "les forces d'occupation américano-britanniques sont en effet confrontés à une hostilité croissante de la part de la population depuis la fin "officielle" de la guerre, le 1er mai."

Libé rappelle ainsi que 19 soldats US ont été tués depuis cette date, qu' un oléoduc a été endommagé ce 25 juin par une explosion ("la cinquième en quinze jours sur ce type d'installation"), qu'un pipeline a sauté la veille et qu'une panne d'électricité à la suite d'un sabotage prive Bagdad de courant depuis deux jours. Sinon, souhaitons aux GI de trouver beau temps...

 

Comptez vos abattis

Un missile US a dégommé, mercredi 18 juin, une voiture qui faisait route vers la frontière syrienne, selon le magazine britannique The Observer, cité par  Le Parisien du 23 juin. Les forces américaines soupçonnaient Saddam et ses deux fils de s'y trouver. Des test ADN sont en cours sur les restes humains (pour vous dire ce qu'il devait rester...) afin de savoir si la cible était la bonne. Et sinon? Bof, ça ne fera qu'un "dommage collatéral" de plus.

Le même article explique que, selon les Américains, c'est Saddam en personne qui guiderait les attaques répétés contre les troupes d'occupation. Comment, alors que le pays est occupé? Mystère! Ah! si, j'ai trouvé la solution: avant la défaite, Saddam a volé toute une provision de téléphones portables, s'est enterré dans un bunker (plans aimablement fournis par la Maison Blanche à tout journaliste qui en fera la demande -comptez trois jours de livraison, le temps de dessiner un truc un peu crédible) et fait un concours avec Yvan Colonna:

Saddam - Allo? Yvan? Bon alors : G2, N7, H6.

Colonna - Une préfecture touchée et deux coups dans l'eau. Bon, à moi. I2, D3, A4.

Saddam -Par les babouches d'Allah, encore gagné: un pipeline détruit et deux soldats américains ad patres...

Enfin, Le Parisien donne lui le bilan de 53 Américains tués depuis le 1er mai (19 selon Libération deux jours plus tard).

 

Enfin !

Deux pétroliers ont chargé du pétrole irakien le 22 juin au terminal turc de Ceyhan, selon Le Parisien  du 23 juin. C'est la première cargaison depuis l'invasion du pays.

 

Exemple à suivre: l'Afghanistan

Les Américains qui se gargarisent de justice, de démocratie et de liberté au moins autant que la France (ce qui n'est pas peu dire!) dans les discours officiels fait tout de même très fort à Guantanamo. Rappelons que 680 personnes capturés en Afghanistan y sont détenus sans procès, sur cette base militaire américaine de Cuba. Les informations suivantes sont extraites du Parisien du 23 juin:

- "Le Pentagone a reconnu ces derniers jours avoir des projets de construction d'une prison permanente, et surtout d'un couloir de la mort."

- Parmi les détenus figurent des enfants de moins de 16 ans.

- Les Etats-Unis leur "refusent le statut de prisonniers de guerre ou la protection de la justice américaine puisqu'ils ne sont pas légalement sur le sol américain."

- Pour le jugement, s'il intervient un jour, "aucune définition des peines en fonction des crimes n'a été établie et aucun appel ne sera possible."

- Mais les détenus ne savent toujours pas de quoi ils sont accusés.

- 28 tentatives de suicide ont déjà eu lieu selon le Pentagone.

Allez, envoyez-moi quelques Irakiens là-bas, ça leur fera de la compagnie...

(25/06/2003)

 

En voilà un qui n'a pas tout perdu

Le Journal du Dimanche du 15 juin publie un photo où figurent Saddam Hussein et son cousin Soufiane el Tikriti. Selon l'hebdomadaire, ce dernier, chef de la Garde républicaine, a négocié la passivité de ses troupes lors de l'entrée des Américains à Bagdad. Contre quelques millions de dollars et la protection de sa famille. "Le 8 avril, jour de la chute, il a été évacué par un avion militaire américain", écrit le JDD.

On peut au moins se dire que cela a évité un bain de sang...

 

Et pour quelques cadavres de plus

Toujours dans le JDD du 15 juin: un accrochage entre soldats américains et combattants irakiens aurait fait 82 morts à Sahl, dans le nord-ouest du pays, selon un imam local "qui assure avoir participé à l'inhumation de tous les cadavres." 50 d'entre eux auraient été retrouvés alignés et 7 autres "les poings liés, étaient étranglés et portaient l'impact de balles dans la nuque, sur le front ou à la poitrine."

Au cours de cette opération, les Américains ont reconnu avoir perdu un hélicoptère. Tandis que les habitants du coin affirment que six bombes à fragmentation ont été utilisées.

Un autre témoin cité par le JDD assure: "Quand les bombardements ont cessé jeudi et que les Américains sont partis, la population a accouru pour ramener des lambeaux de chair par kilos. Des hommes étaient complètement déchiquetés: des pieds, des jambes, des crânes".

(17/06/2003)

 

La bonne nouvelle que vous attendiez tous

"Le responsable chargé du ministère du Pétrole, Thamir Ghadhbane, a annoncé que l'Irak envisageait de reprendre ses exportations de brut dans la troisième semaine de juin", indique Libération du 10 juin, reprenant l'AFP. Les Américains vont partir en vacances le coeur plus léger...

 

Prière de rapporter les petites cuillers en argent

"Selon un porte parole (vraisemblablement de la la coalition GB-USA), les information s sur les pillages du musée (archéologique de Bagdad) avaient été "largement exagérées". Seules quelques 3.000 des 170.000 pièces qui étaient manquantes n'ont toujours pas été retrouvées." (Libération du 10/06).

Ce sont donc bien des dizaines et des dizaines de milliers de pièces qui s'étaient évaporées, et non quelques centaines, comme ont tenté à un moment de le faire croire certains responsables américains. Cependant, cette information laisse perplexe. Quid des immenses trafics révélés dans certains journaux? Quid des destructions dans les musées? Et quid de ces 3.000 pièces: sont-ce les rogatons ou les trésors fondamentaux? 

(12/06/2003)

 

Une guerre "bureaucratique" et des mensonges assumés

Voici deux extraits d'un article du Canard Enchaîné du 4 juin, intitulé Pourtant, Chirac savait que Blair et Bush mentaient.

- Le n°2 du Pentagone, Paul Wolfowitz, faucon parmi les faucons "s'est amusé à révéler au magazine Vanity Fair que cette histoire d'armes de destruction massive n'avait été choisie par l'équipe Bush «que pour des motifs bureaucratiques»"

- L'Office of Special Plans (OSP) du Pentagone et sa soixantaine d'experts alimentaient les rapports. "C'est au travail de ces braves gens que l'on doit les déclarations les plus extravagantes. Exemples: 5 tonnes d'uranium achetés par Saddam au Niger (dixit Bush); des tirs de missiles possibles depuis un bateau près des cotes américaines (dixit Wolfowitz); des camions fabriquant des armes chimiques et biologiques, l'ensemble "prêt à l'usage en quarante-cinq minutes" et destiné aux troupes Us et britanniques (dixit Blair); des bunkers en nombre pour Saddam et les seins, véritables petites villes souterraines (plans fournis aux journaux). Le tout faux, reconnu pour tel, et par charité on se limitera à ajouter les documents bidons fournis à Hans Blix, patron des inspecteurs de l'ONU, ou les photos satellites vieilles de dix ans présentées par Colin Powell à la télévision."

(09/06/2003)

 

Shoot again

"The game is over", avait prévenu Bush avant de faire envahir l'Irak. On eut beau protester que ce n'était pas un jeu, on sait ce qu'il en advint. Et aujourd'hui, il faut continuer à en ravaler. La résolution américaine qui, grosso modo, confie la gestion de l'Irak et de son pétrole aux occupants, quasiment sans aucun contrôle, et relègue l'ONU à un rôle d'observateur qui-est-d'accord-sinon-il-la-boucle, est passée au Conseil de sécurité quasiment sans retouche.

La realpolitik a repris le dessus du côté de l'Elysée. Ne nous faisons pas d'illusion: si Chirac et Villepin se sont prononcés contre la guerre en Irak, c'est qu'ils y voyaient l'intérêt de la France, notamment pour les entreprises qui y étaient déjà implantées, ainsi que leur intérêt en termes de popularité. Aujourd'hui, on n'en est plus à vouloir nobelliser notre Monsieur 82%, qui laisse son ministre de l'Intérieur faire le beau devant l'électorat du FN.

Cette fois, Villepin s'est donc écrasé. De toute façon, les médias se désintéressent de la question. L'Irak a quasiment disparu des Unes. Comme l'Afghanistan. Ou presque, puisque quelques rares articles sont parus pour tenter de voir ce qui pourrait advenir si Bagdad suivait le même chemin que Kaboul -où la paix, la démocratie et la liberté n'ont pas l'air de régner.

Finalement, les faucons US avaient aussi raison quand ils parlaient de la "vieille Europe". Tellement vieille qu'elle est incapable de défendre ses "vieilles" valeurs et préfère ne pas déplaire à la puissance qui lui promet de l'installer en maison de retraite.

 

Une chance au tirage, une chance au grattage

Les Iraniens qui sont déçus de ne pas avoir été bombardés pour retrouver leur liberté (forcément, ça doit exister puisque, officiellement, les Irakiens étaient heureux de se prendre des missiles sur la gueule) vont enfin retrouver le sourire.

C'est vrai ça. On va faire les zazous à Bagdad, on menace la Syrie, on sonne les cloches à la Corée du Nord et on en oublie l'Iran. Vraiment trop injuste. Surtout que la diplomatie US avait tenté il y a peu de la jouer finaude avec Téhéran, en désarmant une partie de son opposition en échange d'une la neutralité des mollahs dans les affaires intérieures de l'Irak V. 2.0.

Donc, Washington accuse. L'Iran est en plein développement d'un programme nucléaire. Si. Il faudrait tout de même signaler un jour aux services de communication de la Maison Blanche qu'utiliser la fonction "copier-coller" de son ordinateur a des limites si l'on veut rester crédibles.

 

La CIA fait le lit des traîtres à la patrie

Il paraît que quelques membres du Congrès américains sont mécontents. On les a pris pour des andouilles. Il n'y a pas d'armes de destruction massive en Irak. Or, c'est l'argument qui a justifié la guerre. Stop! Attendez! Ne me dites pas que ces élus du plus haut niveau s'imaginaient sincèrement que Bush voulait envahir l'Irak pour autre chose que le contrôle du pétrole? Ou alors ils ont peur du ridicule? M'étonnerait aussi...

Il me semble plus simplement que ces braves gens appliquent la stratégie de la patate chaude: on a eu ce que l'on voulait (le pétrole), maintenant, pour tout ce qui va de traviole (on passe pour des menteurs invétérés), c'est la faute du voisin. Suffit de trouver un voisin que l'on a envie de mettre au pas, ou sur qui l'on veut peser dans les luttes d'influences qui font et défont le pouvoir. Voyons voir... Et pan! la CIA! C'est la faute de la CIA, entend-on. La CIA infoutue d'obtenir des informations fiables. La CIA qui fait lire à Colin Powell devant le Conseil de sécurité de l'ONU des "preuves" dont chacun sait qu'elles sont en partie bidonnées (note du 08/06/03: la CIA a elle-mlême, par la suite, déclenché une enquête pour voir à qui elle pouvait faire porter le chapeau à larges bords).

Mais le monde est mal fait: la terre entière était au courant et c'est une fois de plus le mari qui apprend en dernier qu'il est cocu. Juré-craché, on savait pas que c'était tout faux, claironnent les officiels américains trompés.

Résumons. La situation est bien connue: le mari rentre à la maison, sa femme partage son lit avec son voisin, le mari casse la tête du voisin. Ceci est le scénario classique. Avec les Etats-Unis, la variante est savoureuse: le mari, avant de rentrer à la maison, fait un crochet chez le voisin, lui casse la gueule et viole sa femme. Puis il va retrouver son épouse chez lui et l'engueule: tu aurais pu me dire que tu ne couchais pas avec le voisin.

(31/05/03)

 

"Le fait que je sois antiguerre n'empêche pas que je soutienne les soldats américains"

On n'est pas obligé d'être d'accord sur tout (d'ailleurs, rien ne nous oblige à jamais être d'accord avec quoi que ce soit!), mais la déclaration qui suit me paraît intéressante pour comprendre le point de vue de certains américains pas trop entartrés, ou comment certaines opinions publiques, a priori anti-guerre, ont pu donner l'impression de se retourner dès l'ouverture des hostilités. Donc, au cours d'une interview au magazine Hard Rock, Peter Steele, chanteur du groupe Type O Negative, répond à cette remarque: "Beaucoup de groupes new-yorkais ont été influencés par le 11 septembre 2000. ça n'a apparemment pas été le cas pour Type O...".

Peter Steele : "Pffff... Ce qui s'est passé ce jour-là est sacré, tu n'as pas le droit d'y toucher. Je connais personnellement quatre personnes qui sont mortes le 11 septembre. Dès que je vois des images ou que j'en entends parler, ça me rappelle ce qui s'est passé. ça me rend triste. Je crois que faire une chanson à ce sujet ou mettre une photo des ruines du World Trade Center en couverture d'un magazine, ça agace ceux qui ont souffert. En tout cas, moi, ça m'agace. C'est pour cette raison que je n'ai pas fait de chanson à ce sujet. (...)

Puisqu'on parle de ça, je souhaiterais que la France et l'Allemagne restent loin de tout ça. Ce qui s'est passé le 11 septembre est uniquement dû au fait que les Etats-Unis se sont donné le rôle de policiers du Monde. Ce qui se passe actuellement en Irak n'est pas ma guerre. C'est une guerre qui existe depuis plus de 2000 ans. Si ces gens veulent s'entre-tuer, j'allais dire tant mieux, ce n'est pas mon problème.

Les Etats-Unis se prennent pour quelque chose qu'ils ne sont pas. Est-ce que la Russie fait cette guerre? Est-ce que la France et l'Allemagne font cette guerre? Non. Et sans doute ont-ils raison de ne pas la faire. Les Etats-Unis exercent une forme de totalitarisme sur les autres pays.

Mais le fait que je sois anti-guerre n'empêche pas que je soutienne les soldats américains. Ces gars-là méritent d'avoir leur nation toute entière derrière eux. Même s'ils sont dans une guerre injuste, ils risquent leur peau et la risqueront encore pour leur pays. Mais je suis partagé parce que je me sens mal en pensant à la population irakienne qui n'a rien demandé à personne et qui se fait décimer pour du pétrole.

ça ne veut pas dire que je suis anti-américain. ça veut juste dire que je suis contre l'Etat-police américain. Je pense qu'on ferait mieux de s'occuper de nos propres affaires. Ces guerre coûte des milliards de dollars. Et voir qu'il y a des gens qui meurent de faim... aussi bien en Irak qu'aux Etats-Unis ou ailleurs dans le monde, ça fait mal... Je ne veux pas agir comme un socialiste: je n'aime pas le socialisme. Mais pour le coup, l'argent dépensé pendant cette guerre aurait très bien pu servir à l'éducation, ou à créer des emplois ou des logements sociaux.

On a l'impression qu'un jour viendra où, quand tu voudras mettre de l'essence dans ta voiture, ce sera du sang qui coulera directement de la pompe. On peut déjà se demander à combien de cadavres correspond un plein..."

(21/05/03)

 

Chasse à l'ours

Lu dans Le Monde  du 13 mai: l'équipe américain chargée de trouver enfin les armes de destruction massive dans l'Irak "pacifiée" fait chou blanc. L'un des experts déclare: "Nous sommes venus au pays de l'ours, équipés pour chasser l'ours, et nous avons découvert que l'ours n'était pas là." Sachant que c'est ce même ours qui a justifié l'intervention, on se retrouve face à cette alternative: soit Bush pensait vraiment qu'il y avait un ours et il est un peu neu-neu; soit il savait qu'il n'y avait pas d'ours et il se fout de notre gueule ouvertement. D'après vous?

 

Marchandage avec l'Iran 

L'Iran, qui faisait partie des "Etats voyous" il y a encore un mois, vient de devenir un partenaire parfaitement fréquentable pour les Etats-Unis. A la mi-avril, les troupes US attaquent un camp des moudjahidines iraniens, sur la frontière irakienne (voir Le Monde du 13/05). Ces moudjahidines sont à la fois chiites, terroristes et opposants au régime de Téhéran (pour la plus grande joie, on s'en doute, de celui de Bagdad). Ces moudjahidines se fritaient au passage avec une milice aux allures de petite armée, soutenue par Téhéran contre Bagdad, et liée au Conseil suprême pour la révolution islamique en Irak. Dont le chef est Mohammed Baqer Al-Hakim, mais oui, celui qui vient de faire un tabac pour son retour en live en Irak, avec la gentille participation de l'encadrement militaire US. Même si l'ayatollah a clairement fait comprendre en paroles refusait "un gouvernement imposé" (par les Américains), on a le droit de se poser des questions: pourquoi Bush soutient-il aujourd'hui un régime qu'il dénonçait hier? Seulement parce que ce dernier est sûrement très heureux de voir son voisin et rival irakien se faire mettre au pas? Ou y a-t-il eu de petits arrangements du genre "on vous transforme votre opposition en crêpe tout miel et vous ne foutez pas trop le bronx en Irak avec vos chiites nationalistes"?

(16/05/03)

 

Gardner, go home 

Jay Gardner, homme-lige du Pentagone pour la "reconstruction" de l'Irak, se fait remercier. C'est encore trop le bordel à Bagdad, et ça commence à se voir. Gardner est remplacé par un diplomate, donc un civil, Paul Bremer, ce qui est vu comme une victoire du Département d'Etat. Maintenant, de la à dire que Bush à enfin compris que confier la paix à des militaires est contradictoire, il y a un pas. D'ailleurs, Bush veut-il la paix? Non, il veut du pétrole et un grand marché entre le Moyen-Orient et les Etats-Unis.

 

Les charnier de Babylone

Babylone, ses splendeurs antiques, ses jardins suspendus, ses charniers. Des corps dans des sacs en plastique. Voici enfin la preuve que les baassistes sont des pollueurs massifs. Il est bon de rappeler, à ce propos, que les Etats-Unis (et donc aussi leurs alliés de l'époque, dont la France) portent une lourde responsabilité, certes indirecte, dans ce massacre. C'est bien la coalition qui avait appelé les chiites à se soulever. C'est elle qui, finalement, a décidé de laisser Saddam Hussein en place à l'époque de la première guerre du Golfe. Et qui a donc laissé massacrer des dizaines de milliers de personnes auxquelles elle avait promis soutien et liberté.

 

Pendant la guerre, les affaires continuent

Trouvé dans Libération du 12 mai, dans un article signé de l'anthropologue Maurice Godelier et de l'économiste Jacques Sapir: "La volonté de privatiser prochainement l'industrie pétrolière irakienne est aussi inquiétante. La même agence, l'USAID, qui supervisa les privatisations russes de 1994 à 1997 et y fut impliquée dans de multiples scandales, a été désignée pour opérer en Irak."

(15/05/03)

 

 

Pour mémoire : un rappel du bilan de la première guerre du Golfe 

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