Brèves de guerre d'Irak

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21 décembre 2003

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Bilan

Selon Iraq Body Count, au 21 décembre, le nombre de victimes civiles comptabilisées de la guerre d'Irak se situe entre 7950 et 9781.

 

Bombes à fragmentation: plus d'un millier de victimes civiles, selon Human Rights Watch

La Convention de Genève relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre interdit l'utilisation des bombes à fragmentation. Les forces américaines et britanniques en ont pourtant largué plus de 13.000, qui ont fait plus d'un millier de morts ou blessés civils, estime l'association de défense des droits de l'homme Human Rights Watch (HRW).

Voici les principaux passages du texte de la dépêche de l'agence Associated Press reprise sur Yahoo le 12 décembre.

"Plus d'un millier de civils irakiens ont été tués ou blessés par des bombes à fragmentation utilisées par les forces américaines et britanniques lors de l'intervention militaire contre le régime de Saddam Hussein, selon un rapport publié vendredi (12 décembre) par Human Rights Watch.

L'organisation de défense des droits de l'homme basée à New York juge aussi que les forces de la coalition n'ont pas fait tout ce qui était en leur pouvoir pour empêcher que des civils ne trouvent la mort dans des frappes imprécises. Elle critique également les troupes britanniques pour n'avoir pas sécurisé des caches d'explosifs et de munitions abandonnées par l'armée irakienne.

"D'une manière générale, les forces de la coalition ont essayé d'éviter de tuer des Irakiens qui ne participaient pas aux combats", a observé Kenneth Roth, directeur exécutif de Human Rights Watch. "Mais la mort de centaines de civils aurait néanmoins pu être empêchée."

Selon le rapport, les forces américaines et britanniques ont utilisé près de 13.000 bombes à fragmentation (contenant près de deux millions de munitions) lors de l'intervention en Irak. Plusieurs centaines de civils ont été tués et de nombreux autres blessés par ces bombes, selon le rapport, qui cite notamment une frappe sur la ville de Hillah, le 31 mars dernier, qui avait fait au moins 33 morts et 109 blessés parmi la population civile.

Les bombes à fragmentation, qui sont larguées par des roquettes, des obus ou des avions, s'ouvrent avant l'impact pour disperser de nombreuses petites bombes (ou sous-munitions) sur des surfaces étendues, parfois de la taille d'un terrain de football. Elles sont considérées comme des armes très efficaces pour attaquer des concentrations d'hommes et de véhicules et bloquer les mouvements de troupes.

Le rapport de Human Rights Watch dénonce aussi l'imprécision de certaines frappes visant de hauts dignitaires du régime de Saddam Hussein (...). Ainsi, une attaque menée le 7 avril qui visait apparemment Saddam Hussein (...) a tué 18 civils et détruit trois habitations dans le quartier de Mansour à Bagdad, note le rapport. (...)

Si l'ONG n'a pas tenté d'établir un bilan global des pertes civiles durant la guerre, le ministère irakien de la Santé (note d'Annu:Art: contrôlé indirectement par les Américains) a diffusé cet été une estimation préliminaire faisant état de 176 civils tués. Mercredi (10 décembre) toutefois, un responsable du ministère a fait savoir que le ministère de la Santé avait ordonné l'arrêt du recensement des victimes.

De son côté, l'agence Associated Press (auteur de cette dépêche) a mené une large enquête sur les pertes civiles durant la guerre qui a établi qu'au moins 3240 civils avaient été tués entre le 20 mars et le 20 avril. Cette enquête, réalisée en mai et juin auprès de la moitié des hôpitaux irakiens, conclut que le bilan exact est certainement beaucoup plus élevé. (...)

L'armée américaine n'établit pas de bilan des pertes civiles lors des guerres qu'elle mène". 

 

Saddam tout craché

On se souvient que George W. Bush avait signifié aux Irakiens, au début de la guerre, qu'ils n'avaient pas intérêt à exhiber des prisonniers américains à la télévision, ce qui aurait été contraire à la Convention de Genève. Il faut donc croire que Saddam Hussein n'est pas un prisonnier de guerre (et que le camp de Guantanamo n'existe pas...). En même temps, personne n'aurait cru que les Américains avaient capturé Saddam tant que son visage ne se serait pas affiché sur les écrans de télévision.

Le fait que Saddam Hussein ait été un tyran immonde ne dédouane pas les démocraties de respecter leurs obligations. Certes, comme on vient de le voir, les Etats-Unis n'ont semble-t-il aucun souvenir d'un texte appelé "Convention de Genève". Il faut maintenant espérer que son procès sera exemplaire, y compris dans le respect des droits de la défense et jusque dans la possibilité d'aborder tous les sujets qui fâchent (soutien des pays occidentaux à l'Irak par le passé, embargo meurtrier dans les années 90...).

Car c'est ainsi que les démocraties sont ce qu'elles sont: en ne s'abaissant pas à utiliser les méthodes de ceux qu'elles dénoncent, fussent-ils des ordures.

Hélas, on peut douter, d'une part, que les Américains (entre autres) aient très envie de revenir sur certains aspects de leur politique passée vis-à-vis de l'Irak et, d'autre part, que le goût de la justice soit plus fort que celui de la vengeance qui mène directement à la case peine de mort, dont les Etats-Unis sont si friands et dont bien des victimes de Saddam Hussein doivent se réjouir d'avance. Ce qui, pour le coup, risquerait de donner à un salaud un statut de martyre chez ceux qui, face à l'Occident, se trompent de colère.

 

Quand t'es dans le désert... tu désertes

"300 des 700 membres du premier bataillon de la nouvelle armée irakienne, mise en place par les Etats-Unis, ont démissionnée. "Ils n'étaient pas satisfaits des conditions (de travail) et n'obéissaient pas aux ordres", a indiqué un porte-parole de la coalition." (Libération du 12 décembre 2003).

 Fabien Maréchal

 

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