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Aux pêcheurs à la ligne du futur
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Un programme s'écrit d'abord dans un langage informatique dit "de haut niveau", proche du langage humain, en l'occurrence des mathématiques et de l'anglais. C'est ce qu'on appelle le "code source", ou par raccourci le "source". A ce stade, il est compréhensible des humains et inutilisable par la machine. Puis vient la phase dite de "compilation", sa traduction en langage machine qui le rend opérationnel, mais que plus aucun humain ne sait décrypter. Sans accès au code source, impossible de savoir si le programme ne contient pas de fonctions dissimulées. Or, les ordinateurs de vote sont protégés par le secret industriel, sans accès au code source. Ils comptabilisent les voix, certes. Mais ne rectifieront-ils pas les résultats pour avantager tel ou tel candidat ? Impossible de le savoir. Quant à vouloir tester la machine... N'importe quel programmeur sait manier les expressions conditionnelles, par exemple en utilisant l'horloge de la carte mère, pour fausser toute simulation. Il a été argué que le code électoral autorise l'utilisation de machines à voter. Certes. Mais à condition de ne pas y sacrifier la transparence des opérations de vote. Et en ce domaine les ordinateurs de vote sont des machines contrevenant, entre autres, aux articles L.63 et L.564, et qui donc n'auraient jamais dû être implantées, et qui ne l'auraient sans doute pas été s'il en avait été décidé démocratiquement. Mais il y a eu passage en force. Et à qui profite le crime ? C'est évidemment aux pouvoirs en place. Qui a décidé l'utilisation d'ordinateurs de vote, par décret, sans débat parlementaire, et passant outre les protestations de tous les candidats du premier tour sauf un ? Le ministère de l'Intérieur. Les fabricants d'ordinateurs de vote, mis en concurrence, pour vendre, doivent satisfaire aux exigences du ministère de l'Intérieur, qui délivre les agréments. Ils doivent ensuite passer sous les fourches caudines des acheteurs finaux, certains maires décidés à mettre leurs conseils municipaux devant le fait accompli. Et pour couper court aux protestations d'innocence des parties en cause : faute de pouvoir prouver que leur intention était de tricher, ils ont attenté indubitablement à la transparence des opérations de vote, et c'est tout aussi grave, tout en ne laissant place à aucune autre explication plausible que la volonté de truquer les élections. Avec entre un million et demi et deux millions d'électeurs concernés dans les élections en cours, et l'obligation pour les tricheurs de rester dans le plausible quant aux fourchettes de rectification, on peut encore espérer que les résultats ne seront pas trop faussés. D'autant que quelques maires effarouchés par le scandale ont fait machine arrière -sans jeu de mots- pour le second tour de la présidentielle. Mais le candidat présenté par le parti qui a mis en place ce système, s'il est élu, comptera-t-il en rester là ? Aux prochaines échéances importantes, ce pourrait bien être vingt millions d'électeurs ou plus qui seront concernés. Et dans ces conditions, à quoi bon perdre son temps ? Autant laisser les machines voter toutes seules et aller faire un tour à la campagne. Alain Broueil
6 mai 2007
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