MEDEF : le best of de l'assemblée générale 2005
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Le 18 janvier 2005, le MEDEF réunissait 4.000 chefs d'entreprises au Zénith, à Paris.
Morceaux choisis de l'hystérie libérale développée lors de cette journée.
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D'Ernest-Antoine Seillière, président du MEDEF : - "La France de demain est celle d'un Etat plus efficace et plus économe qui ne cherche plus à tout faire et accepte de confier des missions au secteur concurrentiel." Comme l'éducation ou l'externalisation des fonction de gestion, ce qui ferait que des données en principe personnelles et secrètes se retrouveraient soumises à à la loi du marché. - Au public : "C'est vous qui produisez les richesses qui font vivre notre pays, vous qui réalisez les investissements pour notre avenir, vous qui créez de l'emploi, vous qui êtes à la source du bien être économique et social de tous les Français." A se demander si les Français ne devraient pas payer un loyer aux entreprises pour avoir le droit de vivre et de travailler dans ce que Seillière appelle "l'entreprise France"... - Au public : "Votre loi, c'est la compétition." Est-ce une raison pour vouloir l'imposer à tous ? - "Les 35 heures ont dévalorisé le travail dans notre pays; elles ont créé de la distance entre les salariés et l'entreprise; elles ont compliqué l'organisation du travail et désorganisé les hôpitaux; elles ont coûté horriblement cher et freiné le pouvoir d'achat; elles ont diminué l'attractivité de la France, affaibli la croissance, favorisé les délocalisations." Sans oublier la canicule de 2003, le raz-de-marée en Asie et la reélection de George W. Bush ! Mais pourquoi les entreprises ne veulent-elles pas rendre les 17 milliards d'allègements de charges reçues en contrepartie du passage aux 35 heures ? Réponse : parce que, depuis, le coût du travail a baissé en France...
De Jacques Marseille, économiste et hagiographe de la famille Wendel (celle de Seillière) : - Il faut juger les services publics comme le secteur privé, en termes de "performance et de résultat". Calculez moins la marge brute dégagée par un professeur d'arts plastiques et la rentabilité d'une rédaction, et que ça saute ! - Il faut "profiter d'une chance historique", le départ en retraite de nombreux fonctionnaires ces prochaines années, pour "supprimer non pas 1.800 ou 3.000 emplois, mais au moins 500.000." Supprimer 500.000 postes, voici qui devrait effectivement faire baisser le chômage et rendre les hôpitaux plus sûrs.
D'Henri de Castries, président du directoire des assurances Axa : - "Nous ne sommes peut-être pas les défenseurs de l'intérêt général, mais nous sommes les garants de la prospérité collective, et nous devons opposer nos valeurs de courage et d'effort aux idées d'assistance et de défense des droits acquis." Toujours la vieille rengaine : les chômeurs sont coupables et non victimes, et ceux qui ont un travail devraient s'estimer heureux et la fermer.
De Michel Pebereau, président de la banque BNP-Paribas : "L'école de Jules Ferry a contribué à la hausse du niveau de vie des Français car elle les a préparés à se mobiliser pour reconstruire le pays après la guerre et pour nourrir la croissance des Trente glorieuses. Mais, aujourd'hui, l'école doit se réformer pour répondre aux défis du vingt-et-unième siècle et de la compétition mondiale." Traduction : l'école doit former des salariés, pas des citoyens, et surtout des salariés qui ont la loi du marché pour seule idéal.
De Raymond Vidil, animateur des MEDEF territoriaux : - "On ne peut pas vivre dans la société de coton à laquelle nous rêvons, où l'assistance est un modèle et où l'ascenseur social est plombé par le monte-charge." La répartition des richesses est une honte et empêche les plus riches de devenir encore plus riches, tout cela à cause de ces salauds de pauvres, notamment les chômeurs, qui le font exprès et qui veulent en plus avoir à bouffer. - "Les hommes de l'Etat ne se sont pas contentés de monopoliser, d'étatiser le social. Ils ont bien compris le grand intérêt électoral à passer du principe de protection à celui de précaution totale. De la maternité "publique" au cimetière "public". Entre les deux, le mythe affirmé, pas de victimes. Mais l'économie n'est pas un long fleuve tranquille, la société sans risque, ça n'existe pas. Aussi le législateur est là pour veiller sur le salarié citoyen. Le résultat est que le risque, hier valorisé, est aujourd'hui déconsidéré." Avec trois millions de chômeurs, des hôpitaux en sous-effectif, des effectifs réduits dans les établissements scolaires, etc., les Français sont effectivement sur-protégés. A noter que Vidil parle de "salarié citoyen", c'est-à-dire que le salarié passe avant le citoyen. Quant au risque, ce sont les actionnaires qui les prennent peut-être, mais ce sont avant tout les salariés qui en subissent les conséquences. - "Avons-nous oublié les seuls critères qui font la richesse d'une nation? Le pouvoir d'achat et l'emploi, qui sont le coeur de l'attente sociale de nos salariés. Tout le reste n'est que marketing politique et syndical." L'emploi ? Le MEDEF fait tout pour que les entreprises n'aient pas à embaucher! Le pouvoir d'achat ? Le MEDEF estime que le Smic est trop élevé ! Quant au reste, la culture, les amis et la famille, l'environnement, les droits de l'homme, la dignité humaine : du marketing politique et syndical...
Attribuons enfin un grand prix spécial à Laurence Parisot, pd-g de l'institut de sondages Ifop, dont les déclarations se passent de commentaire : - "La modernité et la liberté d'expression s'arrêtent là où commence le droit du travail." - "Remettre en cause le droit du travail, c'est permettre aux entreprises de respirer." (Charlie-Hebdo, 26 janvier 2005).
Consulter également le site : Economie & entreprise : Rions un peu avec le MEDEF
compilation : Hervé Quinsac
Sauf mention contraire, toutes les citations
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