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Chômage : une baisse en trompe l'oeil
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Villepin doit être convaincu que prendre les gens pour des imbéciles le conduira à l'Elysée, et Borloo se voit déjà à Matignon. Tous deux tablent sur la baisse officielle des chiffres du chômage, complaisement relayée par Le Figaro, Le Parisien-Aujourd'hui et une partie de la presse économique. Hélas, si le nombre de demandeurs d'emplois à diminué de 48900 au mois de mai et si le taux de chômage est passé à 9,1 %, puis en-dessous de 9% fin juillet, lla réalité est beaucoup moins rose. Selon Le Canard Enchaîné du 5 juillet, il faut d'abord compter avec les départ à la retraite à 60 ans permis dans le cadre de la réforme des retraites de 2003 pour les salariés ayant commencé à travailler très jeunes. Soit 100.000 personnes, selon l'OFCE (Observatoire français des conjonctures économiques). Ensuite, la population active n'a augmenté que de 40.000 personnes en 2005 et ne croîtra que de 20.000 en 2006... contre 180.000 en 2002. Résultat : même avec des créations d'emplois très limitées, le chômage baisse, mécaniquement. De plus, explique Le Canard, les radiations de chômeurs inscrits à l'ANPE sont passées de 8% en moyenne à 10% depuis juin 2005. Encore des chômeurs qui sortent des statistiques mais sans entrer dans une entreprise. Enfin, le gouvernement, après avoir dézingué les emplois-jeunes créés par Jospin, les remet au goût du jour sous le nom de "contrats d'accès à l'emploi". Et boum, 160.000 jeunes en moins à l'ANPE. Le magazine Capital de juillet, dans sa page "Indicateurs", assure ainsi, graphique à l'appui, que "le nombre de chômeurs a fortement diminué" en avril mais que "cette embellie (est) due, en grande partie, à la créations d'emplois aidés." Deuxième graphique : "Les créations d'emplois ont marqué le pas." Analyse sur la même page : "Le chômage diminue grâce à la démographie" et "il est aujourd'hui cinq fois plus "facile" de faire baisser le taux de chômage qu'il y a trois ans." Quant au secteur des "aides à la personne", gisement incommensurable de boulots d'après Borloo, il aurait généré 36800 emplois rien qu'au printemps et en fournirait 500.000 en trois ans grâce au miraculeux chèque-emploi service. Pas de bol, dixit Le Canard, le premier chiffre est une estimation sans aucun fondement statistique, reposant uniquement sur une projection à partir du nombre d'organismes prestataires, et le second est ramené par les propres services de Borloo à 320.000... sur 10 ans. Le mensuel Alternatives Economiques de juillet-août signale par ailleurs que "les modalités retenues par les gouvernements, de droite comme de gauche, pour favoriser ce déploiement (des emplois au service des personnes) depuis le début des années 90 ont été un facteur majeur d'aggravation des inégalités et de développement de la précarité. En effet, le principal outil utilisé a été la déductibilité fiscale des salariés payés par les ménages. Ce qui revient à subventionner de façon massive les contribuables les plus aisés." Tout en favorisant la précarité. Or, ce n'était pas vraiment la peine : plus des trois quarts des contrats de travail signés à l'heure actuelle sont des CDD, contre un peu plus d'un tiers il y a cinq ans. Et la moitié de ces contrats ont une durée inférieure à un mois. FM
12/07/2006 A propos de la baisse du taux de chômage voir aussi "Le chômage baisse, la précarité augmente" sur le site Economie et entreprise : Rions avec le Medef (30/08-01/09/2006). Quant au contrat nouvelle embauche (CNE), un rapport de la Dares a définitivement enterré les espoirs que Villepin mettait en lui. A ce propos, voir l'article "CNE : le gouvernement et le MEDEF mentent de concert" (12/07/2006) |